Fin de la valse à deux temps

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Le nouveau directeur général Marc Bergevin, ancienne vedette... (Bernard Brault,La Presse)

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Le nouveau directeur général Marc Bergevin, ancienne vedette des Saguenéens juniors de Chicoutimi.

Bernard Brault,La Presse

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

La LNH reprend vie après 112 jours de lock-out. Le Canadien, sous la tutelle de son nouveau directeur général Marc Bergevin, ancienne vedette des Saguenéens juniors, entreprendra la saison écourtée dès la semaine prochaine, probablement le mercredi 16 janvier contre les Penguins de Pittsburgh.Pendant que tous les bénéficiaires de cette industrie du hockey professionnel poussaient un soupir de soulagement, hier soir, les partisans gardaient un goût amer. La lecture d'une dizaine de réactions parmi des centaines parues sur le site web de La Presse, indique bien leur mauvaise humeur.

On leur demandait si l'entente de principe les surprend, s'ils sont heureux du retour de leurs idoles sur la glace du Centre Bell et quel camp, selon leur perception, sort vainqueur de cet affrontement.

L'internaute qui a le plus lucidement traduit la colère des plus fidèles partisans est un dénommé Michel Lamarre. « Content ? Oui, répond-il. Est-ce que je vais me mettre à écouter le hockey assidûment ?Non. Vais-je dépenser 200 $ pour aller voir un match? Encore moins. Les fans ont fait les frais de ce lock-out, maintenant, ils vont se faire refiler la facture. »

Malheureusement, nous savons fort bien, vous et moi, que la passion qu'inspire notre sport national et l'immense sentiment de fierté qui nous envahit tous quand ces athlètes d'élite portent l'emblème de nos communautés au sommet de la pyramide finit toujours par vaincre nos réserves. On aura rapidement oublié leur trahison.

Mais soyez sur vos gardes. Le renouvellement du «contrat de travail» n'est pas encore signé. Le diable se cache dans les détails. Les avocats pourraient bien dénicher quelque intention cachée derrière une virgule mal placée.

Car je les soupçonne d'avoir voulu pousser jusqu'à la date limite qui avait été fixée au vendredi 11 janvier la valse à deux temps imposée aux négociateurs depuis 112 jours. Un pas en avant, un pas à l'arrière. On a poursuivi plus intensément ce petit jeu en fin de semaine, mais c'est le médiateur fédéral américain Scot L. Beckenbaugh qui a finalement neutralisé la méfiance. Employé de l'État, il n'avait d'autre intérêt dans cette affaire que la bonne santé d'une entreprise dominée par les États-Unis.

Alain Eagleson

Il faut se rappeler que depuis le scandale Eagleson, voilà exactement 15 ans aujourd'hui, les représentants des joueurs tiennent fort le gros bout du bâton. Alain Eagleson, l'ancien président de leur association, avait purgé quelques mois de prison pour avoir fraudé les joueurs. Il fut également condamné à rembourser 1 million de dollars. On en rigole quand on sait que plusieurs joueurs médiocres reçoivent, aujourd'hui, bien au-delà de ce montant dans une seule saison.

Les joueurs se sont depuis entourés d'excellents agents. Ils arrachent des concessions injustifiées qu'ils conservent même après une performance médiocre. Comme le Canadien Scott Gomez qui a touché, la saison dernière, ses quelque sept millions $ en ne comptant que deux buts. Sa seule punition provient des huées de partisans scandalisés.

Et encore en fin semaine, à New York, les joueurs multipliaient les stratégies qui mettent les propriétaires à vif. Leur force, c'est la division de l'autre camp. Les athlètes d'aujourd'hui ne vivent heureusement plus la situation des grandes vedettes du passé, victimes d'exploitation comme le furent Bobby Orr, Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.

Avec leurs conseillers qui reçoivent des millions $ pour leur glisser des suggestions à l'oreille, ils découvrent de nouveaux moyens pour faire pression auprès des propriétaires. Comme  cette menace d'appliquer «un déni d'intérêt», expression savante signifiant la dissolution du syndicat des joueurs et l'assignation de la LNH au tribunal de la loi antimonopole. Vous percevez le bordel... La menace est tombée samedi, probablement après quelques concessions.

Chacun peut indiquer son vainqueur, mais le grand perdant est facile à désigner, c'est le partisan.

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