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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Parmi les nombreux villages québécois qui ont choisi sainte Jeanne d'Arc comme patronne, le nôtre s'est distingué, cette année, par un retour au Noël de nos ancêtres. Née de l'exploitation forestière au début du siècle dernier, la municipalité attire l'intérêt des visiteurs avec son moulin à farine centenaire, classé monument historique en 1978. On a ajouté au bâtiment, au cours des dernières décennies, une scierie et une génératrice.

La petite communauté de 1100 habitants qu'administre le maire Yvan Pilote a donc confié à Victor Veilleux l'organisation de festivités autour de nos coutumes et traditions avalées depuis les années 1970 par la Révolution tranquille. On a célébré, en latin, la messe de Minuit dix jours avant Noël, offert un transport en commun en «snowmobiles», en carrioles et en traîneaux à chiens. Des visiteurs venus d'un peu partout furent même invités à loger chez «l'habitant», comme autrefois.

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Une sorte de renaissance pastorale du défunt Carnaval-Souvenir de Chicoutimi. La population a participé dans l'enthousiasme aux grands rassemblements autour d'une table bien garnie. Cette première fut un succès. La fête prendra de l'ampleur l'an prochain, promet le maire, avec des paroissiens qui porteront le costume d'époque.

L'initiative a ajouté à l'émotion que j'ai ressentie dernièrement en visitant Jeanne d'Arc, jeune fille de France brûlée vive, la dernière biographie produite par Max Gallo. Le célèbre écrivain nous étonne encore par sa façon originale de raconter le parcours d'un personnage célèbre que l'humanité entière connaît pourtant fort bien. L'esprit demeure subjugué par l'épopée militaire de cette paysanne illettrée, guidée par des voix célestes qu'elle attribue à sainte Catherine et à sainte Marguerite. Puis, c'est le souvenir de la tragique défaite et la condamnation au bûcher par l'ignoble Inquisition.

Voici comment un fidèle compagnon, l'écuyer dont Gallo a interprété le témoignage, raconte la fin cruelle de cette jeune fille de 19 ans qui, par sa bravoure et sa détermination, a provoqué la libération de la France du Moyen-Âge: «En ce matin du mercredi 30 mai 1431, la condamnée est attachée à un pieu placé tout en haut d'un échafaud construit en plâtre au centre de la place... Un écriteau, cloué au sommet du pieu, porte ces mots : ''Jeanne qui s'est fait nommer la Pucelle, menteresse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphémeresse de Dieu, présomptueuse, infidèle à la foi de Jésus-Christ, vanteresse, idolâtre, cruelle, dissolue, invocateresse de diables, apostate, schismatique et hérétique''».

«Nous sommes tous perdus»...

Après avoir été entraînée vers l'échafaud, elle réclame une croix. «Un Anglais en confectionne une avec deux morceaux de bois. Elle embrasse ce crucifix, le place contre sa chair... Elle invoque saint Michel et sainte Catherine. Le bourreau met le feu au bûcher, les flammes s'élèvent, elle crie «Jésus», répétant ce nom plus de six fois et sa voix est si forte qu'elle emplit la place, et qu'on l'entend aussi demander de l'eau bénite... Contrairement à l'habitude, le bourreau ne l'étrangle pas pour lui épargner des souffrances... Il laisse la chaleur des flammes et la fumée tuer Jeanne. Une trop cruelle mort, juge-t-il pourtant... Puis le bourreau écarte les flammes pour démontrer que Jeanne était bien une femme.»

Après avoir assisté à l'horrible châtiment, Jean Tressart, secrétaire du roi d'Angleterre, eut cet éclair de lucidité : «Nous sommes tous perdus, car c'est une bonne et sainte personne qui a été brûlée».      

La dernière oeuvre du prolifique Max Gallo est passionnante. Elle nous éclaire sur tout ce que la littérature et le cinéma ne nous avaient pas encore dévoilé sur la plus grande patriote de l'histoire française qui, 25 ans après avoir péri dans les flammes, fut réhabilitée. Cinq siècles s'écoulèrent cependant avant que l'Église catholique romaine, sous Benoît XV, complète la révision de ce dossier noir en canonisant Jeanne La Pucelle.

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