Vivre un moment sans Facebook

Je subis les soubresauts d'une intoxication aux réseaux... (Photo 123RF)

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Je subis les soubresauts d'une intoxication aux réseaux sociaux et, par la force des choses, l'« écoeurantite » en découlant.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai mal à mes valeurs ! J'ai cherché le-pourquoi-du-comment de cet arrière-goût me restant toujours en bouche. Celui faisant grincer mes dents au point tel que mon dentiste m'a prescrit une plaque occlusale et quelques séances de physiothérapie pour détendre mes mâchoires quasi symbiotiques face à l'incroyable.

Pensant d'abord à un non-dit expliquant cette pareille fermeture du bec, j'ai fini par trouver. Je subis les soubresauts d'une intoxication aux réseaux sociaux et, par la force des choses, l'« écoeurantite » en découlant. Oui, aussi insidieusement que mon mal s'est installé, voilà que j'avoue aujourd'hui éprouver la nécessité de réévaluer la relation ordi-tablette-ipod-mimi et de me sevrer telle une « junkie ». Voilà où j'en suis. 

Mes symptômes ? Physiques ils le sont ! Un foyer antifatigue dans mes barniques, tensions au cou, aux trijumeaux, comme le dit ma masso, pattes d'oie de plus en plus profondes, tunnels carpiens intolérants, voilà que mon corps me parle à grands coups de messages clairs. Ceci dit, il n'y a pas que l'amour qui rend aveugle. Non, il y aussi la vie version 2.0 ! Rien de pire que celle qui ne veut pas entendre les cris d'alarme de son biotope. Qui continue, encore un peu, quelques minutes, quelques pages, à « zieuter » un encore, comme si elle risquait de passer à côté du principal.

Quel principal ?

Ce principal ? Légitime de savoir qui il est. Des fractures ouvertes, des animaux mignons, des femmes battues, le xième dessin du Picasso de 3 ans de ma cousine, les réflexions sociopolitiques de cet « ami » ayant une opinion sur tout, ces commentaires sur la coiffure de Pénélope McQuade, un tutoriel maquillage, un spotted St-Honoré bien senti, un concours organisé, il n'y a pas grand-chose que je n'ai pas vu. Y compris, bien entendu, l'épandage de bien de ces gens choisissant d'exposer leur vie sur leur mur Facebook au lieu de la vivre... possiblement un peu beaucoup comme moi. 

D'où la raison de cette boule bien installée dans ma gorge. À l'image d'une trop grande séance de magasinage à crédit, mon utilisation des réseaux sociaux me renvoie à cette nausée d'avoir flambé l'argent que je n'avais pas pour renflouer une garde-robe plus que complète. Sentiment idem à celui d'avoir gaspillé de ces moments si précieux, moi qui court constamment après le temps.

Mes valeurs

Et c'est là que mes valeurs en prennent pour leur rhume ! Être présente, sans être là, c'est mon lot. Arrêter une discussion importante avec mon chéri, un bricolage avec mon bébé, une accolade avec ma grande fille pour cette sonnette m'avisant non pas une seconde résurrection du Christ, mais bien que ma sixième voisine fait de la fondue pour souper même si c'est mercredi. Voilà de quoi m'autodéprécier. Du temps de qualité, voilà ce principal qui m'échappe. 

À l'heure des résolutions

Parce que constater, c'est commencer à se soigner, me voici maintenant à l'heure des résolutions. Me couper de cette plateforme qui est Facebook en tant que sexologue, impossible. Elle est l'eau menée à mon moulin. Me retirer personnellement, c'est mon mandat ! De ce fait, communauté internet, pour un temps indéterminé (j'ai banni le mot toujours), je ne me positionnerai plus sur vos commentaires via émoticônes et ne commenterai plus rien en tant que Myriam la femme. La raison est simple, je serai désormais trop occupée au principal, soit de vivre mon principal, ma vraie vie ! Bye.




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