Sommes-nous monogames?

CHRONIQUE / La monogamie; une époque dépassée, un bonheur impossible, un tissu... (123rf)

Agrandir

123rf

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / La monogamie; une époque dépassée, un bonheur impossible, un tissu de mensonges ou encore une réalité toujours envisageable en 2016? Quoi penser de cette supposée prérogative voulant que l'autre, dans l'établissement du couple, nous appartienne totalement? Une histoire de chair, de corps ou encore d'esprit? Et si chacun possédait sa propre définition de ce qu'est la monogamie?
Mais moi, la sexologue, qu'est-ce que j'en pense?

À savoir si l'humain, à l'instar de la tourterelle qui ne quitte jamais son nid sans son amour, est assurément, indéniablement, officiellement à 100% un être monogame, aucun témoignage, aucune preuve, aucune étude scientifique ne m'en convaincra! Ma belle naïveté professionnelle a pris le bord le soir de ma remise de diplôme, désolée!

«Blasée la madame», penserez-vous? Hé non! Seulement objective face à une réalité trop souvent observée. Analyse sexologique qui me pousse d'ailleurs à me positionner à l'égard des décisions que cette fameuse monogamie impose. En effet, j'ai assez confiance en l'homme et la femme pour constater, ou du moins supposer fortement, que plus d'un fait le choix, en couple, de rester fidèle à l'autre.

La voilà ma réponse! La monogamie repose sur une décision personnelle: est-ce que moi, en tant qu'individu, je choisis d'être fidèle à ce ou cette partenaire en fonction des règles préalablement établies entre nous?

Monogamie est-elle synonyme de finalité?

Pas nécessairement et c'est correct ainsi puisque la polygamie reste toujours une option! Chacun, en fonction de ses valeurs, ses perceptions, sa vision du couple décident des bornes du continuum entre l'acceptable et l'intolérable, et ce, pour une période donnée et un/e partenaire donné. Danser, embrasser, enlacer, sucer, baiser, voire même fantasmer, pour les plus sensibles, sont toutes des actions pouvant enfreindre, ou non, les limites de l'exclusivité que laissent présager certaines définitions de la monogamie. Communiquer reste la clé. Suffit ensuite de l'appliquer!

Synonyme de facilité?

Certainement pas! Ce n'est pas parce qu'on choisit la monogamie que l'envie de sauter la clôture disparaît d'emblée. Le secret est peut-être d'accepter justement ses désirs vagabonds, sans vouloir les réprimer, et de les gérer adéquatement. Bien plus facile de se réfugier dans les bras de l'étranger que de comprendre son appel du butinage, d'y faire face et d'y remédier.

Synonyme d'amour et de grandes passions?

J'en conviens, faire l'amour 25 ans avec la même personne demeure tout un défi. Mais qui dit que passion rime seulement et uniquement avec les six premiers mois de découvertes du couple? Et si, avec le temps, le couple se transformait? Pas transformer comme dans ne plus aimer. Non, mais plutôt aimer autrement, mais, possiblement, tout aussi amoureusement.

Une histoire d'hypocrisie?

La monogamie établie, précisée et confirmée entre deux amoureux, ne m'apparaît aucunement hypocrite. L'infidélité, par contre, tout à fait. Tromper l'autre, alors qu'il vous croit fidèle, en voilà une autre paire de manches ne respectant en rien le contrat initial. Une tout autre histoire déresponsabilisant la personne adultère qui voudrait plutôt prendre le chapeau du polygame au lieu du sien!

Je finirai en affirmant haut et fort que oui, je crois au choix de pratiquer la monogamie tout autant que celui de la polygamie. Je préciserai, par contre, l'importance que chaque membre du couple se voit sur le même diapason et qu'en tout temps, les bottines suivent les babines. Bonne discussion!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer