La relativité du temps

CHRONIQUE / Quand Einstein a élaboré sa théorie de la relativité, il a fait... (123rf)

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Normand Boivin
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand Einstein a élaboré sa théorie de la relativité, il a fait deux choses. Il nous a expliqué la mécanique de la physique, ce dont je vais vous épargner ce matin, mais il nous a dit aussi que tout est relatif.

Est-ce que je me trouve gros ou petit? Ça dépend de qui se trouve en face de moi. Jeune ou vieux? Même chose. Mais ce qui me frappe surtout, c'est la relativité du temps qui passe.

Je me faisais la réflexion jeudi matin sur la route entre la Dam-en-Terre, où je passe tous mes étés, et le journal. J'écoutais le chroniqueur économique à l'émission Café boulot dodo de Radio-Canada, Ulysse Bergeron, et mon esprit s'est mis à voyager dans le temps. Car pour moi, le nom Ulysse ne représente pas que l'oeuvre d'Homère que j'ai lue à mon adolescence, mais aussi «mon oncle Ulysse Bergeron». Je l'appelle mon oncle, mais c'était l'oncle de ma mère.

Je me disais que c'est sans doute la personne la plus vieille que j'ai connue dans ma vie (c'est pour ça que je trouve ça drôle qu'un enfant s'appelle Ulysse aujourd'hui). Et je m'en souviens, car il lui manquait une jambe. Imaginez, il est mort quand j'avais cinq ans et il en avait 98. J'ai 57 ans. Faites le calcul. Il est né avant le Canada, qui célèbrera son 150e anniversaire l'an prochain. En avez-vous connu beaucoup de gens nés avant le Canada vous? Moi j'en ai connu un. Et je m'en souviens. Couché dans sa tombe; ma marraine m'avait amené au salon. Maudit que je le trouvais vieux.

Preuve qu'il n'y a pas que mon collègue Joël Martel qui perd parfois le contrôle de son cerveau, mon esprit a continué de se balader. Je me disais que dans quatre ans, je vais dépasser mon père, mort à 61 ans. Je le trouvais vieux. Mon fils aîné a 27 ans, un de plus que quand j'ai connu sa mère. Moi, à 26 ans, je me considérais comme un journaliste aguerri, avec mes trois ans de métier, mais je vois encore mon fils comme un kid.

Lorsque je regarde en arrière, le temps qui reste semble de plus en plus court. Ainsi, quand je projette ma retraite, 65 ans paraît bien loin. Mais si je remonte huit ans en arrière, 2008, c'était hier. On dirait que le temps s'est envolé pendant que je dormais.

Oui, il s'accélère

Il y a une étude sérieuse sur ce phénomène de relativité du temps qui passe. Des chercheurs ont utilisé un algorithme pour calculer l'impression du temps qui raccourcit à mesure qu'on vieillit.

Ils ont ainsi pu déterminer que rendu à l'âge de 10 ans, un enfant aura trouvé la vie aussi longue qu'au cours des 90 autres qui suivront, s'il vit jusqu'à 100 ans. En d'autres termes, de 11 à 100 ans passera aussi vite que ses 10 premières années.

Comment ça se fait? Mettez-vous dans la peau d'un bébé d'un an. Le jour de son deuxième anniversaire, il aura doublé sa vie. À trois ans, il aura vécu 50% de plus. À quatre ans, 25% de plus, mais il aura doublé l'âge qu'il avait quand il avait deux ans. C'est simple, mais fallait y réfléchir.

Ainsi, jusqu'à l'âge de 10 ans, il aura l'impression d'avoir vécu une éternité.

Mais après, ça déboule.

Imaginez ma mère qui a 83 ans. Pour elle, un an passe à la même vitesse que quatre jours pour un bébé d'un an. Faites le calcul: 365 divisé par 83.

C'est pas pour rien que lorsqu'arrive le party de Noël, on a l'impression qu'on relève à peine de celui de l'année précédente

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