Sans aucun doute!

Claude Villeneuve, directeur de la Chaire en écoconseil... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Claude Villeneuve, directeur de la Chaire en écoconseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Claude Villeneuve
Le Quotidien

CHRONIQUE / Personne ne se permet de remettre en question l'existence de la gravitation. Même si la loi de la gravitation a été formalisée par Isaac Newton au 17e siècle, les pommes tombaient avant et elles ont continué de le faire après.

Personne ne remet en doute que la lumière du soleil transporte vers la Terre de l'énergie. On le savait bien avant l'invention des capteurs photovoltaïques. Même si la nature de la lumière a été l'objet de controverses scientifiques jusqu'au 20e siècle, on faisait sécher son linge sur la corde bien avant.

De même, l'effet de serre est un phénomène physique qui a été découvert au début du 19e siècle. On a compris le rôle des gaz à effet de serre (GES) sur le climat vers 1860. C'est en 1896 que Svante Arrhenius a publié l'hypothèse qu'un doublement de la concentration du CO2 (le principal GES) dans l'atmosphère par les activités humaines allait augmenter la température globale terrestre de quatre degrés Celsius.

Toute personne ayant un minimum de formation scientifique ne peut remettre en doute ni l'effet de serre ni l'influence de la concentration des GES sur la rétention de l'énergie dans un volume d'air, donc du réchauffement climatique induit par l'activité humaine. C'est de la physique de base. Il s'agit de lois de la nature, tout comme la gravitation et le transport de l'énergie par les ondes lumineuses.

Les choses se compliquent quand on veut prédire avec précision comment l'énergie supplémentaire accumulée dans le système atmosphère-océan va influencer localement les phénomènes météorologiques. En effet, une infinité de phénomènes peuvent influencer la météo. Ne parle-t-on pas de l'effet papillon? Selon cette expression, un battement d'aile de papillon au Japon pourrait entraîner une pluie diluvienne sur la côte ouest. L'image est belle, mais c'est une exagération.

N'empêche qu'un phénomène comme El Nino dans le Pacifique Sud provoque des anomalies climatiques en Australie, en Asie du Sud Est, en Amérique du Sud et du Nord jusque chez nous. On l'a vu l'hiver dernier.

Donc, les scientifiques du monde entier sont d'accord sur l'effet de serre, le rôle des GES dans le réchauffement du climat et la source des gaz à effet de serre qui s'accumulent chaque année dans l'atmosphère. Pour suivre ce phénomène, des centaines d'observatoires comme celui de Mauna Loa à Hawaï suivent l'évolution de la concentration de ces gaz chaque jour. Dans le cas de Mauna Loa, on les suit depuis 1958. Entre mars 2015 et mars 2016, la concentration de CO2, par exemple, a augmenté de 401 à 404 parties par million contre à peine 300 en 1958. C'est considérable, puisque cette concentration n'a été dépassée que trois fois dans l'histoire de la terre depuis 60 millions d'années.

De la même manière, les températures recueillies dans des millions de stations météo sur toute la planète sont calculées par des organismes scientifiques gouvernementaux et compilées d'année en année depuis 1850. Dans cette série, les vingt dernières années ont été les plus chaudes de l'histoire et 2015 est la plus chaude de toutes. Ce sont là des faits mesurés qui confirment le bien-fondé de la relation entre l'augmentation des GES et l'augmentation de température.

Je pourrais signaler des dizaines de phénomènes qui confirment cette relation hors de tout doute. Bref, les pommes tombent toujours des arbres, peu importe les arguments qu'on peut inventer pour prétendre le contraire.

En fait, malgré l'existence de sites Internet et de blogues, malgré ce qui circule dans certains réseaux sociaux, il n'y a aucun article scientifique qui a amené depuis plus de vingt ans la moindre preuve du contraire. En sciences, il faut citer ses sources. Les gens qui prétendent que le réchauffement actuellement observé n'est pas causé par les activités humaines ne peuvent citer aucune source sérieuse.

La science comporte un doute systématique, mais lorsque les faits sont établis, les pommes continuent de tomber.

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