La fin du commencement

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Bernie Sanders et Hillary Clinton lors d'un débat à Miami le 9 mars dernier.

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Daniel Coté
Le Quotidien

CHRONIQUE / Même si Hillary Clinton perdait toutes les primaires qui figurent au calendrier chez les démocrates, y compris celle de la Californie, ce ne serait pas suffisant pour l'empêcher de devenir la première femme à remporter l'investiture d'un grand parti en vue des élections présidentielles américaines.

Son avance sur le candidat socialiste Bernie Sanders est si importante que les résultats des prochains scrutins vont lui procurer le nombre de délégués nécessaires afin de confirmer sa victoire. Puisque chaque État répartit ceux-ci en utilisant le mode proportionnel, l'ex-secrétaire d'État est assurée d'écrire une page d'histoire.

Les résultats enregistrés mardi n'ont fait qu'accélérer le processus enclenché par son triomphe dans l'État de New York. Hillary Clinton a confirmé l'ascendant qu'elle exerce sur l'électorat démocrate en s'imposant dans quatre des cinq élections tenues cette semaine.

Mieux encore, elle a été chercher une forte majorité en Pennsylvanie, l'État le plus riche en délégués. Bien sûr, Bernie Sanders a promis de demeurer en piste jusqu'à la fin, ce qui est parfaitement légitime. Au lieu de briguer la présidence, il fera le nécessaire pour qu'à la convention de cet été, la plate-forme électorale porte à gauche.

Preuve que les démocrates sont entrés dans une autre phase de la campagne, Hillary Clinton s'est montrée magnanime dans la victoire. Devant ses partisans, mardi soir, elle a vanté son rival et repris de nombreux éléments de son programme.

Il est clair que les malversations de Wall Street, l'accès gratuit aux études supérieures, le besoin de hausser le salaire minimum et la préservation du filet social seront toujours de saison à l'automne. Pourquoi se priver de l'énergie positive que ces thèmes ont libérée dans les derniers mois, en particulier chez les jeunes?

On aussi remarqué qu'il était de plus en plus souvent question de Donald Trump dans les discours de Hillary Clinton, ce qui fait également partie de la transition vers les présidentielles. Comme tout un chacun, elle a constaté que lui aussi est porté par un vent favorable.

Le milliardaire se sent tellement en confiance que mercredi, on l'a vu prononcer un discours consacré à la politique étrangère. Le chat de gouttière veut se donner des airs d'homme d'État, quitte à espacer ses attaques contre Ted Cruz et John Kasich, ses rivaux désormais coalisés.

Ils ont été pulvérisés mardi, ce qui va tuer dans l'oeuf les manigances de l'establishment républicain pour retirer l'investiture au Grand Jaune. Même s'il lui manquait des délégués pour franchir la barre des 50% à la convention, son avance est si grande que ni le Texan ni le gars de l'Ohio ne sauraient constituer une alternative légitime. C'est pour cette raison que la crainte de perdre l'élection présidentielle avec Donald Trump - ce qui semble assuré - commence à faire son chemin dans l'esprit des bonzes du parti. Leur priorité, désormais, est de préserver leurs majorités au Sénat et à la Chambre des représentants, ainsi que dans les États dont ils contrôlent la législature.

Le problème, c'est que le naturel reviendra vite au galop. Donald Trump ne pourra pas s'empêcher d'insulter de nouveaux groupes ethniques, de traiter ses adversaires de «losers» et pire encore. Il sait que ses partisans apprécient ces incartades qu'ils assimilent à de l'authenticité.

Elles répondent aussi à un besoin viscéral. Cet homme carbure à l'attention comme d'autres au crack, en effet, tellement que la formule imaginée par Alice Roosevelt pour décrire son père Theodore lui va comme un gant: «Il voudrait être le mort dans toutes les funérailles, la mariée dans toutes les noces, le bébé à tous les baptêmes.»

Lundi, par exemple, Donald Trump a dénoncé les manières de John Kasich après l'avoir vu manger dans un restaurant populaire. Il n'y avait rien de particulier à signaler, pourtant, et le gouverneur de l'Ohio, troisième dans la course, ne l'a jamais attaqué de front.

Mais comment résister à l'envie de dominer un cycle médiatique?

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