Le gars d'à-côté!

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CHRONIQUE / J'écris au «je» et ceci est une chronique qui vient tout droit du bas ventre, là où les émotions se ressentent quand les gens sont dépassés par les événements. L'événement en question est le sujet du jour (hier) dans Le Quotidien; un homme a engrossé la fille de sa conjointe pas à une, mais à cinq reprises!

Outre les innombrables questions sans réponse, sur le rôle de la Direction de la protection de la jeunesse, le nom du père donné à l'hôpital (à cinq reprises), les voisins, les familles et les amis, l'absence d'accusation contre la mère, et ce, sans aucun jugement, j'emprunte le titre du livre du commandant Roméo Dallaire «J'ai serré la main du diable», sauf que mon titre à moi est: «J'ai fréquenté le même gymnase que lui pendant des années...»

Un choc

Vous demanderez à mes collègues Marc Saint-Hilaire et Normand Boivin comment j'ai réagi hier après le lunch du midi quand j'ai vu la photo du père abuseur ramenée par notre photographe la veille. Des centaines et des centaines de matins, passés dans un gymnase de Chicoutimi, qui n'existe plus, à partager les appareils, le vestiaire et les mêmes espaces que lui. Je les ai même vus, ces petits enfants, venir chercher leur père en coton ouaté et petite veste rose, accompagnés de leur mère ou de leur grand-mère, j'ai peine à m'imaginer.

À mon âge, j'ai perdu ma naïveté depuis très longtemps et je vous dirais que dans les quartiers ouvriers des années 60, cela arrivait plutôt tôt que tard. Et aujourd'hui, le bombardement d'atrocités qui nous arrivent d'Internet nous a rendus presque insensibles aux malheurs des nôtres.

Cette face que j'ai vue est bien celle du gros qui se levait tôt dans sa journée dans le but de venir tuer le temps, sa vie et celle des siens au gym, avec un vieux sac à main qu'il trainait d'appareil en appareil. Il me vient en tête quelques paroles d'une chanson que j'ai déjà entendue quelque part: «... pousse pousse pousse de la fonte pour oublier la honte». Pour vous le dire, j'ai vu sur Internet que l'auteur est Jonathan Painchaud, que je remercie en passant, c'est un bon flash!

Donc, ce père, indigne, dont la Cour évalue en ce moment l'état mental (rapport présententiel et sexologique) afin de décider de la peine, avait l'air tout à fait à son aise au gym et était entouré de quelques amis, qui, comme lui, chassaient l'ennui. Je vous parie que les experts vont affirmer qu'il est un individu désordonné, probablement narcissique, qui croyait que la vie est un plat de bonbons dont on peut se servir à satiété, quitte à ne rien laisser à sa conjointe et à sa fille. Personne ne s'attend à ce que ces experts nous disent qu'il est normal dans sa tête! Ou mieux, dedans sa tête...

Pourtant au gym, il dispensait les conseils, faisait fuir les madames et se montrait surpris qu'on lui réponde qu'on travaille quand il demandait ce qu'on faisait. Je le dis de même parce que je me souviens de sa face quand il a découvert, après des années, que j'avais un travail.

À bien y penser, ça me revient, il devait lui en manquer un petit bout pour traiter son meilleur ami de gym comme il le faisait. Le genre de gars pas doué pour le sport avec un physique de gringalet. Eh bien notre homme le poussait, le poussait le poussait tellement à lever des disques de fonte que c'est l'image que je retenais de lui jusqu'à hier. Plus il l'encourageait, plus l'autre s'affaiblissait.

Compassion

Quant à une des questions du haut, j'ai bien compris la raison pour laquelle la Couronne n'a pas poursuivi la conjointe et la grand-mère des cinq enfants, tous pris par la DPJ. Par compassion devant tant de carences, c'est sûr. Si c'est ça, c'est bien correct.

Je ne souhaite rien, absolument rien à mon ex du gym, surtout pas de mal. Le plus grand bien serait qu'il prenne conscience de la situation, du mal qu'il a fait, mais j'en doute. Je lui souhaite toutefois bien des forces pour survivre à ce que la Cour lui a enfin enlevé, soit son emprise sur sa conjointe et sa belle-fille.

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