Sans Sarah Bernard

Voici l'une des photographies qui ont été captées... (Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Voici l'une des photographies qui ont été captées par Rocket Lavoie, le 20 janvier, pendant les cinq minutes où on l'a autorisé à voir La Divine illusion. Il a dû partir avant l'apparition de la comédienne Anne-Marie Cadieux, qui campait le rôle de Sarah Bernard.

Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le photographe du Quotidien, Rocket Lavoie, s'est présenté au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi le 20 janvier, à la demande du collègue journaliste Roger Blackburn. Il devait participer à la couverture de la pièce du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), La Divine illusion, en captant des images au fil de la soirée.

Avant même l'ouverture du rideau, cependant, on l'a avisé qu'il n'était pas autorisé à photographier le spectacle. Rocket a évidemment protesté, ce qui a mené à un «compromis» aux airs d'ultimatum: il pourrait faire son travail, mais devrait quitter la salle après les cinq premières minutes.

Il est important de signaler que cette consigne émanait du TNM et non de Diffusion Saguenay, qui accueillait la nouvelle création du Jeannois Michel Marc Bouchard. Précisons également que des clichés appartenant à la compagnie de théâtre ont été offerts au journal. Comme on s'en doute, ils n'avaient pas été pris à Chicoutimi.

Tout ça pour dire que dans Le Quotidien du lendemain, on voyait plusieurs personnages, mais pas celui qui donne son titre au spectacle. Incarnée par Anne-Marie Cadieux, la Divine, aussi connue sous le nom de Sarah Bernard, n'était pas entrée en scène quand le photographe a dû retraiter.

On ne sait toujours pas ce qui a justifié cette consigne absurde. Caprice de comédienne? Mentalité de «control freak» à laquelle aurait succombé la compagnie? Ce qui est clair, cependant, c'est que derrière cette restriction se cache un profond mépris envers le journalisme et, plus spécifiquement, le métier de photographe de presse.

C'est comme si une institution culturelle pouvait s'inscrire en marge de la couverture journalistique, échapper aux règles du genre, ce qui comprend la liberté pour un quotidien de produire ses propres images, tout en profitant des retombées médiatiques. Le meilleur de deux mondes, en quelque sorte.

On imagine le tollé si un club de hockey empêchait les photographes de demeurer plus de cinq minutes au bord de la patinoire, si un chef de parti, un maire, s'arrogeaient un pouvoir équivalent. La demande du TNM était d'autant plus bête qu'en ces temps de carême, le théâtre, ce mal-aimé, a besoin de toutes les tribunes qu'on lui offre.

Malgré tout, le journal a joué la pièce en première page et l'article s'est montré élogieux à l'endroit de La Divine illusion. Mais ça a laissé un drôle d'arrière-goût. Un arrière-goût qui n'a rien de divin.

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