Travailler le soir de Noël

CHRONIQUE / Le meilleur truc pour ne pas abuser des bonnes choses dans la... (Photo 123RF)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le meilleur truc pour ne pas abuser des bonnes choses dans la période des Fêtes? Être enceinte ou travailler.

Bon, dans mon cas, c'est la deuxième option.

Même si je ne suis pas aussi jeune que j'en ai l'air (certains me donnent encore 22 ans), je fais encore partie de la jeunesse qui doit se sacrifier pour laisser les plus âgés profiter de la vie. C'est normal, eux aussi ont passé par le même chemin il y a 10 ou 20 ans. Eux aussi ont été absents de nombreuses fêtes familiales.

Et même si plusieurs médias ferment leurs portes pendant plus d'une semaine, ce n'est pas le cas ici. L'actualité ne prend pas de vacances, même si obtenir des informations chez les élus ou dirigeants d'institutions publiques relève parfois du miracle pendant ces deux semaines. Comme si tout était arrêté. C'est d'ailleurs pendant cette période que certaines décisions douloureuses ou contestables sont prises. Il y a moins de journalistes qui travaillent, donc moins de questions. Une autre bonne raison de ne pas fermer le journal.

Je dois d'ailleurs saluer au passage ces gens qui, comme moi, n'ont pas fermé leur cellulaire. Ils méritaient aussi de prendre congé des médias. Je parle d'élus ou d'intervenants sociaux qui ont accepté de me parler, un 25 décembre, par exemple.

Loin de moi l'idée de faire pitié. Je questionne simplement cette notion d'ancienneté à tout prix. Je ne voudrais pas complètement l'enlever, au contraire. Car moi aussi, je vais en profiter. Et cette structure permet de limiter les tensions lorsque vient le moment de déployer les périodes de congé. L'expérience et l'âge avant la jeunesse. C'est clair et ça ne laisse place à aucune interprétation. Mais comme ces seniors, je travaille aussi toute l'année. Je considère que passer du temps avec ma famille c'est aussi important. Ce n'est pas comme si je venais de décrocher un emploi aussi.

Depuis mon adolescence, tous mes emplois m'empêchent de fêter Noël de manière conventionnelle. On m'appelle le coup de vent dans la famille. À 16 ans, je travaillais dans un cinéma et dans un restaurant. À l'université, à Québec, j'occupais un emploi de conseillère dans une boutique de linge. J'étais cette personne seule que les gens invitaient à Noël par bonne conscience. Car j'avais moins de 24 heures pour me rendre au Lac-Saint-Jean et retourner à Québec pour plier des vêtements avant l'ouverture du Boxing Day. Aussi bien rester dans la Vieille capitale.

Je compte sur les doigts mes quelques Noëls en famille. À quelques reprises, un patron m'a permis d'aller visiter mes grands-parents en Angleterre. Ces Noëls-là, ce sont mes plus beaux.

Je ne suis pas idiote à temps plein non plus. Il faut bien que des gens travaillent dans le temps des Fêtes. On ne peut pas faire de la sous-traitance seulement pour deux semaines. Ça ne fonctionne pas comme ça dans notre milieu.

Mais il y a une entreprise de Montréal qui a réussi une petite percée en la matière. Ce n'est pas une révolution. Plutôt un simple petit geste qui a su apaiser le coeur de jeunes professionnels. Chaque année, le patron fait tirer un droit de vacances pendant les Fêtes. Seuls ceux qui n'ont pas accès à ces congés peuvent participer. Une belle idée pour récompenser les jeunes qui, comme les plus âgés, travaillent fort toute l'année.

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