Les journées se suivent...

En début de semaine, j'ai eu la chance... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

En début de semaine, j'ai eu la chance de visiter la prison de Chicoutimi dans le cadre de mon travail.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Vous allez peut-être me trouver étrange, mais j'ai réalisé un petit rêve cette semaine. Mardi, j'ai visité une prison.

Mon nouveau chef de nouvelles, Normand, m'a fait ce cadeau de Noël en avance. Il savait bien que j'allais presque sauter de joie et que je serais particulièrement motivée par ce reportage. Parce que vous savez, lorsqu'on est journaliste, certains sujets nous allument plus que d'autres. Je fais partie de ces journalistes qui aiment les sujets glauques. Alors, visiter une prison construite en 1929 qui sent le détenu à plein nez et être payée pour le faire, je ne pouvais rien demander de mieux.

Le lendemain de la publication du reportage, je reçois un courriel d'un homme qui me dit à quel point mon texte sur la prison l'a touché. Il me raconte avoir connu une période sombre, il y a de ça plusieurs années. Il m'avoue avoir purgé une peine de pénitencier, me raconte à quel point cette période de sa vie l'a changé. Son message est des plus polis. Il me remercie, me souhaite de joyeuses Fêtes et m'invite à consulter son blogue. Après lui avoir répondu, je m'empresse évidemment de taper son nom sur Google, histoire de savoir ce qui l'a conduit au pénitencier.

Je n'ai pas eu à chercher bien longtemps avant d'apprendre que ce charmant lecteur avait assassiné sa conjointe, dans les années 80. Eh bien. Pour une fille qui aime les sujets glauques, j'étais servie.

C'est d'ailleurs ça, la magie du métier de journaliste. La magie, ce n'est pas de communiquer avec un meurtrier, mais c'est d'être surprise tous les jours. C'est de ne pas connaître une seule journée qui ressemble au lendemain. C'est évident qu'il y a des journées de travail moins excitantes que d'autres. Mais, tout de même, je suis consciente de pratiquer un métier qui est loin d'être ennuyant.

Il y a quelques semaines, un gars m'a montré comment il achetait sa drogue sur Internet. C'était un samedi matin. L'après-midi, je rencontrais un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale de 91 ans, qui fût prisonnier des Allemands durant des mois. Si ce n'est pas une journée excitante, ça, je me demande bien ce que c'est.

D'ailleurs, lorsque j'ai partagé une photo de moi, assise dans une cellule de la prison de Chicoutimi, sur ma page Facebook cette semaine, plusieurs m'ont fait remarquer à quel point j'étais privilégiée.

«Profites-en, c'est sûrement la seule fois où tu iras en prison», m'a dit mon oncle. Mais ça, on ne peut pas le certifier, car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer