Augmentations salariales sous la loupe

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) publiait, à la fin du mois de septembre... (Archives Le Quotidien)

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Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) publiait, à la fin du mois de septembre dernier, ses prévisions salariales de 2016. Appuyés sur les études de plusieurs firmes de consultation en ressources humaines reconnues, les chiffres indiquent que les employeurs du Québec prévoient accorder une augmentation salariale moyenne de 2,6% en 2016, un taux légèrement inférieur à celui de 2015 (2,8%). Il faut rappeler que ce chiffre est une moyenne, qui inclut à la fois la hausse de la structure (ou de l'échelle) salariale, les hausses liées au rendement (bonis), et les changements d'échelon (le cas échéant).

Cela n'a pas empêché certains syndicats de s'approprier ce chiffre pour justifier publiquement leurs demandes à la hausse dans le cadre des négociations dans le secteur public. Il est impératif d'apporter des précisions, pour éviter de faire des comparaisons erronées, et relativiser la situation du côté du secteur public.

Même si, sur papier, le gouvernement du Québec propose de geler les salaires des travailleurs de l'État pour les deux prochaines années, pour ensuite les augmenter de 1% sur trois ans, il reste qu'environ 40% des employés du secteur public bénéficieront quand même d'une augmentation moyenne de leur rémunération de 3,6% en 2016, un chiffre supérieur aux 2,6% mentionnés précédemment. Il s'agit là d'une augmentation résultant d'une progression dans les échelons qui composent la structure salariale dans la fonction publique. C'est ainsi que des experts en dotation considèrent que la hausse moyenne prévue en 2016 pour les secteurs public et parapublic sera de l'ordre de 3,2%, alors qu'elle se situe à moins de 3% pour le privé.

Par ailleurs, il faut garder en tête qu'une bonne partie des 60% des travailleurs qui ont atteint l'échelon le plus élevé de leur profession sont éligibles à des postes ayant des échelles supérieures permettant à nouveau une progression salariale dans la fonction publique, qui, rappelons-le, au Québec, donne l'assurance d'un emploi à vie, à moins d'une faute professionnelle lourde, lorsqu'on a le statut d'employé permanent.

Dans ces conditions, un employé qui obtient sa permanence pourra bénéficier non seulement de son revenu d'emploi jusqu'à sa retraite, mais d'un revenu de pension jusqu'à son décès ainsi qu'un revenu de pension pour son conjoint survivant. Il n'y a aucune sécurité financière de cette nature, de près ou de loin, dans le secteur privé.

Sans rien enlever au professionnalisme et aux compétences des personnes engagées dans la fonction publique, qui sont certainement très méritantes, il faudrait pouvoir apprécier les chiffres que s'échangent les parties en cours de négociation en incluant toutes les dimensions. À ce titre, nous croyons d'ailleurs que dans certains cas, des améliorations salariales devraient être apportées pour garder le recrutement et la situation plus concurrentiels. Il s'agit là cependant de cas particuliers et l'on ne devrait jamais négliger l'ensemble des conditions offertes dans le secteur public, d'une part, et la capacité de payer des citoyens payeurs de taxes, d'autre part.

Yves-Thomas Dorval

Président-directeur général du CPQ

Un beau geste

Quel beau geste de la part de Messieurs Couillard et Coderre d'aller déposer des fleurs et tenir une minute de silence en solidarité aux Français suite aux attentats de Paris! Pourquoi donc ne pas le faire pour tous les enfants, femmes, personnes âgées civiles tuées lors des frappes aériennes portées par le Canada, la France, les États-Unis et l'Angleterre? Leurs vies ne valent peut-être pas celle d'un Français ou d'un Américain dans votre esprit.

Par la suite, dépêchez-vous d'aller vous réunir dans vos hôtels de luxe protégés par quelque 800 policiers et militaires pour chacun des 152 chefs d'État réunis à Paris. Pourquoi ne pas y inviter le pape et la reine d'Angleterre, ces deux personnages non élus aux noms desquels vous croyez avoir le droit de tuer et massacrer des civils loin de vos pays respectifs. Vous appelez cela des dommages collatéraux.

Yvon Lavoie

Granby

Comment rivaliser avec la Chine?

Dans l'édition du Quotidien du 28 novembre 2015, Rio Tinto dressait un portrait du marché de l'aluminium dans le monde. La Chine qui produisait 20% de l'aluminium il y a 30 ans occupe maintenant la tête avec 56% du marché mondial.

La réalité chinoise du métal blanc est la suivante: l'électricité nécessaire à la production provient à 80% de centrales thermiques alimentées au charbon, on utilise de l'aluminium recyclé plus que tous les autres pays producteurs, les travailleurs chinois ont des salaires plus bas et des conditions de travail (santé et sécurité, retraite, etc.) bien différentes des nôtres, et à tout cela s'ajoute le «dumping», car la Chine inonde le marché d'un produit au seuil du profit et ne tient pas compte des règles de l'offre et de la demande. Les entreprises et les associations syndicales partout dans le monde regardent cette situation avec inquiétude.

Comment nos entreprises d'ici peuvent-elles rivaliser avec un producteur qui ne respecte pas les mêmes normes environnementales, les mêmes règles du marché et dont les coûts de production sont les plus bas au monde? C'est là le défi des producteurs européens et américains et des unions de travailleurs qui ne peuvent ignorer ce contexte quand vient le temps de renouveler les contrats de travail.

Eugène Tremblay

Saguenay

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