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«Les règles du jeu ne font plus mon affaire, on les change ou je retire mes billes» dirait un écolier. Les compagnies forestières, regroupées sous la bannière du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), disent, elles, que parce que les normes de la Forest Stewardship Council (FSC) ne leur conviennent plus, elles se retirent. Ça veut dire quoi? Que les forestières vont appliquer leurs propres normes: couper leur bois préféré et laisser le paysage dans la désolation totale si les forestières redeviennent juges et parties? Non!

J'ai commencé à m'intéresser aux pratiques éthiques en forêt en faisant un travail dans un cours de philo au Cégep. Depuis, à titre de citoyenne responsable à l'esprit critique, je surveille avec intérêt ce qui circule dans les médias au sujet d'une saine gestion de la forêt québécoise. Principalement, au sujet du bras de fer entre d'une part la forestière Produits Forestiers Résolu (PFR) et d'autre part les environnementalistes, les autochtones, le Forestier en chef, le FSC et certains scientifiques qui surveillent cette entreprise pour qu'elle ne retourne pas aux pratiques délinquantes d'antan.

Le CIFQ avance dans Le Quotidien du 7 novembre dernier, qu'une usine peut fonctionner de façon viable sans la certification FSC. Pourtant, il n'y a pas très longtemps dans ce même journal, PFR a déploré la perte d'un autre de ses clients, Kimberly Clark, qui vend du papier hygiénique pour le plus grand confort des consommateurs. Kimberly ne veut plus faire affaire avec Résolu qui a perdu sa certification FSC dans la forêt boréale québécoise, si elle ne peut proposer aux consommateurs des produits portant le logo FSC. Cette autre défection a tant dérangé PFR, qu'elle a fait pression sur les maires et les préfets de la régions pour qu'ils incitent les consommateurs à ne pas acheter de produits Kimberly Clark. C'est alors faux de prétendre, comme le fait Résolu, qu'elle pourrait se passer des normes FSC. D'ailleurs, la compagnie est surement soulagée d'avoir remporté devant les tribunaux une victoire en forêt ontarienne pour récupérer sa norme FSC.

Sa tentative pour influencer les consommateurs est un coup d'épée dans l'eau; les consommateurs de 2015 regardent vers le futur et sont de plus en plus sensibles à l'écologie. À mon sens, Le CIFQ fait fausse route avec son chantage et ses menaces de larguer les normes FSC. La viabilité de l'industrie forestière, au delà des gros clients à qui elle vend du bois de construction et de moins en moins de papier journal, passe non seulement par l'innovation, mais aussi par les exigences des consommateurs. Sinon, c'est l'écroulement à plus ou moins brève échéance. Mais, pour le plus grand mal des communautés qui en vivent.

Blandine Lapointe-Brassard

Jonquière

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