Une histoire de vidanges

Ça doit bien faire deux ans de ça. (Photo 123RF)

Agrandir

Photo 123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ça doit bien faire deux ans de ça.

À l'époque, mes patrons étaient tellement dans le trouble qu'ils devaient se servir de moi en tant que journaliste afin de couvrir l'actualité almatoise.

À ce moment-là, l'un des sujets «brûlants» d'actualité était le fameux futur site d'enfouissement de déchets que l'on prévoyait établir dans le secteur d'Hébertville.

Évidemment, si je vous raconte ça, c'est en raison de cette nouvelle qui est passée cette semaine comme quoi le nouveau site d'enfouissement recueillerait maintenant les déchets en provenance du Saguenay.

Maintenant, n'allez pas croire que je vais vous faire part de mon opinion à propos de tout ça, car voyez-vous, je ne voudrais surtout pas donner dans la discrimination en ce qui concerne les poubelles.

En fait, si je vous raconte ça, c'est que cette nouvelle a fait surgir en moi le souvenir d'un homme que j'avais rencontré lors d'une des assemblées publiques qui concernaient le jadis futur site qui en est maintenant un.

L'homme en question était resté silencieusement sur sa petite chaise tout au long de l'assemblée et j'avais fini par comprendre qu'il faisait alors partie d'un groupe de militants qui s'opposaient quant à l'emplacement du nouveau site.

J'étais donc allé lui parler après l'assemblée et le gars m'avait raconté que sa maison était située à quelques mètres seulement du nouveau site. Ici, je vous dis quelques mètres, mais c'était peut-être aussi quelques dizaines de mètres. Bref, j'imagine que vous comprenez que lorsque c'est une question d'être voisin avec les poubelles de dizaines de milliers de gens, on ne se chicanera surtout pas pour une histoire de quelques mètres.

Si ma mémoire est bonne, le pauvre homme m'avait alors expliqué qu'on lui avait proposé un dédommagement. Le classique quoi. Mais au moment de vous écrire ça, je doute sérieusement. En fait, j'ignore ici si c'est mon coeur qui tente de dire à ma mémoire que d'une façon ou d'une autre, ça aurait été seulement insensé qu'on ne lui ait pas proposé un dédommagement.

Bref, le gars avait donné de l'amour comme ça ne se peut pas à sa maison. Ça, je m'en souviens parfaitement, car je peux encore entendre sa voix qui avait tremblé en me disant cela. Vous savez, ce genre de tremblement que les meilleurs comédiens ne se risquent même pas à singer.

Mais outre le facteur émotif de cette histoire, ce qui m'avait le plus troublé dans cette rencontre avait été une anecdote qu'il m'avait racontée.

Celle-ci s'était donc déroulée quelques minutes à peine après une assemblée où plusieurs élus de la région avaient voté en faveur d'une des étapes importantes du projet d'aménagement du nouveau site d'enfouissement. L'homme était donc allé voir un des élus qui avaient appuyé le vote pour lui poser une question à cet effet.

Or, bien que ce dernier avait fermement donné son appui en votant à main levée, et ce, il n'y avait de cela que quelques minutes à peine, l'élu avait candidement avoué qu'il n'avait aucune idée de quoi l'homme lui parlait. Je me souviens particulièrement que l'homme avait alors mimé le geste de voter en se levant la main, comme si elle était tirée par une ficelle.

Alors voilà, quand j'ai su cette semaine pour ce truc de poubelles, j'ai encore pensé à cet homme et j'ai immédiatement vu dans ma tête son bras qui semblait être animé par une force invisible.

Mais bon, pourquoi penser à ça? J'imagine qu'ils savent ce qu'ils font font font...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer