Le party de Noël

SEXOLOGIE - Les filles, que vous avez peut-être reluquées, admirées ou tout... (Photo 123RF)

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

SEXOLOGIE - Les filles, que vous avez peut-être reluquées, admirées ou tout simplement ignorées toute l'année durant, sont particulièrement belles ce soir-là. La comptable s'est frisée. La secrétaire a troqué ses fonds de bouteilles pour des verres de contact. La commis s'est rougi l'orifice buccal et a poussé l'extravagance jusqu'au mascara. Josée s'est écourtichée et que dire de Julie! Julie, qui avec sa micro robe à paillettes, sa craque d'un pied, son oeil charbonneux et ses talons digne d'un accessoire olympique, semble respirer le sexe à la puissance 10. Pourtant...

Pourtant, toute cette beauté, ces efforts pour se mettre sur leur 36, cette élégance et, même le sex-appeal de Julie ne vous sont pas destinés messieurs qui n'aviez, pour certains d'entre vous, absolument rien compris de cette éventualité. De ce fait, après une année fort mouvementée en cas de harcèlement sexuel, mon mandat pour ce «spécial Noël» m'amène à vous parler de ce sujet faisant, plus souvent qu'à son tour, acte de présence lors de cette soirée mondaine.

Effectivement, habitués de côtoyer tout un chacun dans un contexte professionnel, il va de soi qu'une soirée où règnent plaisir, rigolade, bonne bouffe, danse, jeux, alcool et tout le bataclan puisse faire perdre, chez quelques-uns, la notion de professionnalisme pour laisser place à une proximité pas nécessairement souhaitée. Le party de bureau, rappelons-nous-le, est un continuum du boulot, tout comme la partie de quilles, le brunch pascal, le feu de la Saint-Jean et l'épluchette de Ginette nécessitant donc, pour tous, une conduite relativement similaire à celle empruntée la balance de l'année!

Le harcèlement sexuel au party de Noël, c'est quoi cette affaire-là?

Inspirée de la Commission des normes du travail du Québec, j'affirmerai que bien que le harcèlement sexuel se camoufle parfois en taquineries, en badineries ou en drague qui pourrait d'abord apparaître flatteuse, il propose ensuite une conduite vexatoire à la fois hostile et non désirée portant atteinte à la dignité de la victime et/ou à son intégrité psychologique et physique conduisant, par conséquent, à un milieu de travail néfaste une fois le lundi arrivé.

Pas claire, pas claire Myriam...

Alors, voici quelques exemples, histoire d'illuminer les incertains. Indiquer à la secrétaire que ses yeux sont beaux, c'est gentil! Lui répéter 16 fois, c'est exagéré et lui préciser que sans ses barniques, elle semble plus cochonne, c'est inacceptable. De danser avec la commis maquillée, c'est amusant, à condition de respecter sa zone de proximité. Effectivement, de l'approcher au point d'identifier la grosseur de son bonnet de brassière ou encore de lui préciser la nature de l'émancipation de votre pénis n'aurait absolument rien de tolérable. J'ai déjà vu aussi un haut placé feindre la sodomie ou encore la position de la levrette à chaque fois que madame se tournait le dos sur une piste de danse! Assez chic merci pour perdre votre emploi, monsieur le cadre! Revenons au cas Julie. De s'habiller sexy, certains pousseront la qualification au terme agace, n'engage en rien à un consentement à l'égard de qui que ce soit. Ainsi, de se momifier ou encore d'apparaître quasi nue au dit party de Noël n'autorise, en aucun temps, les allusions de toutes sortes, propos vexants, regards soutenus, touchers disgracieux, invitations inadéquates et patati et patata.

Mon top trois pour un party de Noël limitant tout dérapage tant pour les victimes que pour les harceleurs potentiels est le suivant. D'abord, faites-vous accompagner! D'avoir son garde du corps ou encore son brake-à-bras peut certainement en calmer plus d'un. Secundo, l'alcool, ce n'est pas du jus de raisin, ça désinhibe et qui dit désinhibition, dit parfois adieu petite gêne, jugements et capacité à se sortir de situations malencontreuses. Finalement, ayez recours au patron en cas de situations outrageuses. Toujours en fonction, ce dernier se doit d'offrir un party adéquat à chacun de ses employés, à condition que ce ne soit pas lui le harceleur...

Bonne veillée!

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