Agir en pionnier de la santé

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Lucie Granger
Le Quotidien

L'auteure du texte est Lucie Granger, directrice générale de l'Association pour la santé publique du Québec.

Élus municipaux du Québec, vous constituez l'instance gouvernementale la plus près des citoyens et l'audace de vos décisions a des impacts significatifs sur la santé des citoyens.

Comme le mentionnait, au mois de mai dernier, le maire de la ville de Salaberry-de-Valleyfield et président du Réseau québécois des villes et villages en santé, Denis Lapointe, à l'occasion de la conférence «Bâtir une ville en santé», 80% des décisions des élus municipaux ont un impact sur la santé des citoyens.

Selon l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), lorsque vous utilisez des règlements de zonage afin de rendre plus sain l'environnement alimentaire autour des écoles, vous êtes de véritables pionniers de la santé durable!

La malbouffe qui compte sur une machine de marketing bien huilée contribue grandement à cette épidémie d'obésité actuelle. Inutile de jouer à l'autruche, les chiffres parlent: les récentes conclusions de l'avis de l'INSPQ, intitulé «L'environnement alimentaire autour des écoles» publiques et la consommation de malbouffe le midi par des élèves québécois du secondaire, sont éloquentes à ce sujet. Ainsi, 48% des élèves du secondaire consomment une fois ou plus de la malbouffe le midi; la présence de restaurants-minute autour des écoles augmente significativement la proportion d'élèves qui consomme de la malbouffe le midi; le risque de consommer de la malbouffe le midi est de 50% plus élevé chez les élèves ayant accès à deux restaurants-minute ou plus dans une zone de 750 mètres autour de l'école; près de 40% des élèves du secondaire provenant d'écoles publiques du Québec ont accès, à moins de 750 mètres, à au moins deux restaurants-minute; la consommation de malbouffe deux fois ou plus par semaine est associée à l'obésité et à d'autres mesures négatives de santé chez les jeunes.

Au Québec, plus de la moitié de la population âgée de 12 ans et plus souffre d'au moins une maladie chronique. En 2008, 24,9% des enfants et adolescents canadiens âgés de 12 à 17 ans avaient un excès de poids ou étaient obèses (Statistique Canada, 2008). Non seulement y a-t-il plus de jeunes obèses qu'autrefois, mais ils le deviennent aussi plus tôt (Association canadienne du diabète, 2013).

La santé n'est pas qu'une responsabilité individuelle; elle est aussi collective et chaque geste compte. Ainsi, pour limiter l'implantation de nouveaux commerces de restauration rapide autour des écoles, les municipalités ont le pouvoir d'adopter des règles en matière d'urbanisme, conformément aux compétences et aux pouvoirs qui vous sont conférés par les lois. Ces règlements de zonage visent, entre autres, à créer des environnements favorables à la santé et à la qualité de vie des jeunes.

La preuve est faite, il faut agir maintenant pour interdire la présence de nouveaux restaurants minute autour des écoles. Si, pour le bien-être de nos jeunes et par souci de sécurité, les municipalités définissent des règles à observer en matière d'apaisement de la circulation autour des écoles et des parcs, il en est de même pour y assurer un environnement alimentaire sain.

Dorénavant, la nouvelle norme devrait stipuler qu'on n'autorise plus de nouveaux restaurants minute dans un rayon de 750 mètres autour des écoles. Collectivement, nous avons le devoir de mettre en place des mesures novatrices pour protéger la santé de nos jeunes, et ce, de façon durable.

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