Les bons gars

Voici l'histoire de trois bons Américains. (Photo 123RF)

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Voici l'histoire de trois bons Américains.

Le premier aurait pu être un héros.

Je vous dis ça, parce que le gars avait quand même pris part à la toute première guerre du Golfe et il avait même reçu la Bronze Star, la quatrième plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite. Et là, ce n'est pas moi qui vous dis ça, c'est Wikipedia.

Une chose est certaine, pour un type comme lui qui était né à Lockport, dans le coin de Niagara, ça devait être tout un honneur de recevoir une telle distinction.

Sinon, si on fouille ici et là à propos de lui, on raconte qu'il s'agissait d'un gars plutôt apprécié de ses collègues et de son voisinage.

Bref, un bon Américain ce Tim. Parce que j'ose imaginer que ses copains l'appelaient comme ça.

Le second aurait pu être un joueur important sur l'échiquier politique.

Je vous dis ça, parce que c'était un gars plutôt impliqué. Par exemple, il avait notamment été bénévole au bureau de Seattle de la campagne présidentielle de Nelson Rockefeller.

Quelques années plus tard, il s'était aussi joint à la campagne de réélection de Daniel J. Evans pour ensuite être engagé comme assistant de Ross David, le président du Parti républicain de l'État de Washington. Ce n'est pas rien.

Et puis comme si ça ne suffisait pas, le gars était plutôt brillant. Ses professeurs de l'Université de Washington n'avaient que du bon à dire de lui suite à sa majeure en psychologie.

Bref, un bon Américain ce Ted.

Le troisième était un gars qui avait redonné espoir à bien des gens.

Le gars était un pasteur fort apprécié de la communauté qu'il avait créée. Non seulement son souci de lutter pour l'égalité raciale faisait de lui un homme religieux plutôt progressiste pour l'époque, mais en plus, celui-ci osait même dénoncer ce qu'il jugeait comme des contradictions et autres absurdités dans la Bible.

Évidemment, bien qu'il était grandement respecté de nombreuses personnalités politiques comme notamment Rosalynn Carter, la femme du président des États-Unis à l'époque, ses positions ont fini par déranger quelques individus, mais au lieu de baisser les bras et de rentrer dans les rangs, il a plutôt choisi de décider d'inviter ses fidèles à fonder avec lui une communauté où le racisme ne serait pas toléré et qui serait basée sur les principes du socialisme.

Bref, un bon Américain ce Jim.

Maintenant, si ces trois bons Américains sont passés à l'histoire avec un grand «h», j'aimerais bien vous dire que c'est principalement pour leurs bons coups, mais vous devez bien vous en douter, l'Histoire est trop souvent on ne peut plus ingrate.

Alors voilà, si aujourd'hui on se souvient de Tim, c'est que le 19 avril 1995, ce type qu'on disait «plutôt apprécié de ses collègues et de son voisinage» s'est rendu responsable de la mort de 168 personnes en plus d'en avoir blessé 680. Vous vous souvenez de l'attentat d'Oklahoma City? Eh bien, c'était lui.

Quant à Ted, eh bien ce ne sera pas pour son implication dans le milieu politique qu'on se souviendra de lui, mais bien pour la trentaine de femmes qu'il a froidement assassinées au cours des années 70. Voilà ce qu'on retiendra de Ted Bundy.

Et puis en ce qui a trait à ce «progressiste» de Jim, on en retiendra les 908 personnes qui ont perdu la vie lors du suicide collectif du 18 novembre 1978, dans cette communauté où tout un chacun devait vivre selon les principes du socialisme. C'était à Jonestown, ce havre de paix que leur avait promis Jim Jones.

Vous pouvez maintenant m'accuser de démagogie ou d'un autre truc du genre, mais la prochaine fois où l'idée de signer une pétition contre l'accueil de 25 000 réfugiés syriens vous passera par la tête, et ce, de peur de courir le risque de faire entrer au pays des terroristes, ayez donc une pensée pour ces trois bons Américains et rappelez-vous surtout qu'on n'a jamais eu à les accueillir en Amérique du Nord, car ils sont le pur produit de notre culture.

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