Il y a des matins pour le bon café

L'autre matin je prépare le café. Il fallait le couler réconfortant, la nuit... (Photo 123RF)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

L'autre matin je prépare le café. Il fallait le couler réconfortant, la nuit avait été difficile pour plusieurs personnes. En installant le Silex sur le réchaud, le récipient me glisse des mains et se casse en mille morceaux sur le plancher de la cuisine juste en haut des escaliers qui mènent au sous-sol.

Pieds nus, en boxer, je lâche un grand soupir en regardant les débris dans l'escalier. Il y a des façons plus intéressantes de commencer la journée qu'en passant le balai et en sortant l'aspirateur pour ramasser ces microparticules éparpillées partout.

Je ne pouvais pas me plaindre de ce qui m'arrivait. J'avais passé une partie de la nuit à lire les informations sur les événements qui se déroulaient à Paris et j'étais absorbé par le drame que vivaient les familles des victimes des attentats terroristes et de la peur qui envahissait la population.

Dans ce genre d'événement, on se gave d'informations pour savoir, pour comprendre ce qui se passe. On se rend bien compte que c'est la même maudite gang de malades d'islamistes qui détruisent des villages, qui enlèvent et violent des milliers de jeunes filles chaque année en plus d'embrigader les garçons au service de mouvements comme Boko Haram ou le groupe armé État islamique.

On lit les informations et on se demande comment ça se fait que ces criminels contre l'humanité sont encore actifs et que nos armées ne sont pas capables d'intervenir pour faire cesser ces massacres.

On apprend que le président français François Hollande déclare que la France est en guerre et ordonne des frappes aériennes contre l'État islamique (Daesh) sur des dépôts d'armes, des casernes et des points de contrôle dans la ville de Raqa au nord de la Syrie. Les Russes continuent aussi de lâcher des bombes.

Pendant ce temps-là notre nouveau premier ministre canadien Justin Trudeau maintenait sa décision de retirer les avions CF-18 de ce conflit, mais continuera à soutenir les alliés avec des opérations humanitaires et de formation au sol.

Un militaire à la retraite soutient en entrevue que les frappes aériennes sont davantage des gestes politiques pour montrer à la population que nous ne nous laisserons pas faire et ne sont pas très efficaces sur le plan militaire.

Les CF-18 rappelés

Je suis d'accord avec notre premier ministre canadien dans ce dossier, les frappes aériennes ne sont pas une solution militaire appropriée pour rentrer dans le corps de l'EI. Il y a d'autres façons de faire à explorer. J'encourage Justin Trudeau à continuer dans cette voie et de ne pas se laisser influencer par ceux qui disent qu'on abandonne nos alliés en retirant nos avions. L'Histoire lui donnera raison.

Je suis aussi d'accord avec le premier ministre Trudeau pour ce qui est de l'accueil des migrants. Il faut aider ces familles, victimes de ces terroristes, le plus rapidement possible. On devrait être capable de se virer de bord rapidement. Les provinces canadiennes sont capables de gérer chacune deux ou trois mille personnes pour leur procurer un toit et de la nourriture avant de les intégrer dans la population.

Pour ce qui est de la sécurité, ne vous inquiétez pas, les malades de l'État islamique n'ont pas besoin de passer par un programme d'accueil de migrants pour nous infiltrer. Ils sont capables de se promener à travers le monde avec de faux passeports ou de former leurs kamikazes auprès des gens déjà installés ici dans le pays. Si les terroristes veulent attaquer le Canada, faites-leur confiance, ils sont capables d'entrer ici de bien d'autres façons que par un programme d'accueil. Leurs attaques passées l'ont démontré. Il faut cesser d'avoir peur quand vient le temps de poser des gestes humanitaires.

Il y a de ces matins où le café doit être réconfortant, car on se sent tellement impuissant face à de telles violences qu'on voudrait juste prendre les victimes dans nos bras et les rassurer en leur disant bienvenues chez nous.

Une fois le Silex de café cassé ramassé, je glisse un petit chaudron sur le réchaud, sous le filtre, pour recueillir le nectar et adoucir cette souffrance qui nous tient à la gorge. Je lis le journal sur le comptoir de la cuisine pour savoir et pour comprendre, pour me rendre compte que sous le filtre à café il y a un petit bouton qui empêche le café de couler quand il n'y a pas de Silex. Je regarde la cafetière qui déborde et qui laisse couler le café partout sur le comptoir et dans les tiroirs à épices en me disant que même le café ne peut pas être réconfortant ce matin.

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