Je ne veux plus jouer

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Qui a la meilleure stratégie? Celle qui sauvera le plus de vies, sans créer une nouvelle génération de terroristes en tuant des innocents dans des interventions militaires?

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Jouer au gouvernement. Je vous en ai déjà glissé un mot sur mon jeu qui consiste à trouver des solutions aux problèmes de la société. Mes idées, je les trouve souvent bonnes. Comme celle pour améliorer l'économie.

Si j'étais élue, je réduirais la durée du séjour des snowbirds à quatre mois. Dépasser ce temps, la couverture médicale québécoise ne serait plus assurée. Et si les quelque 100 000 snowbirds québécois tiennent à leurs six mois, tout en jouissant de notre système de santé, ils devront payer une taxe annuelle de 700 $.

J'avais écrit ça en 2014. Aujourd'hui, j'ajouterais une autre taxe sur les forfaits tout inclus. Les libéraux ont pensé à cette deuxième idée. Mais les rouges ont reculé. Merci à Bernard Drainville qui a chialé haut et fort sur cette « taxe speedo ». La maternité de cette idée peut encore m'appartenir. Ouahaha (rire machiavélique).

C'est facile jouer au gouvernement. L'être, moins. Surtout ces jours-ci.

Pour une rare fois, je n'ai pas de solution pour mettre fin à la menace terroriste. Riposter ou ne rien faire? Bombarder ou faire de l'aide humanitaire? Régler le problème à la source ou se contenter d'évacuer les innocents Syriens?

Qui a la meilleure stratégie? Celle qui sauvera le plus de vies, sans créer une nouvelle génération de terroristes en tuant des innocents dans des interventions militaires?

Ça fait beaucoup de points d'interrogation.

Un député retraité me disait récemment que les politiques publiques ou décisions gouvernementales visent rarement dans le mille. On est toujours un peu en haut, un peu en bas. Jamais pile. Je pense qu'on devra s'accommoder encore de ça pour cette crise sans précédent, et ce, même si ça touche des vies, littéralement.

Parce que ce n'est pas vrai que ça n'arrive qu'aux autres. Un ami ou votre conjoint, même s'il vit à Albanel ou Alma, aurait pu faire partie des victimes à Paris. La ville la plus touristique du monde.

À 23 ans, j'avais déjà vécu deux moments liés au terrorisme.

En 2007, je me trouvais à Casablanca, au Maroc, lorsque des kamikazes se sont fait exploser. Ils se trouvaient à quelques rues de moi. Un attentat qui a tué une personne et fait plusieurs blessés. Il n'y a pas eu autant de décès qu'à Paris, mais un mort, c'est un de trop.

Quelques mois plus tard, je suis en Angleterre, où une menace terroriste plane depuis quelques semaines. Je m'apprête à prendre le métro en plein coeur de Londres, mais arrivée à la plate-forme, des centaines de personnes font demi-tour vers la sortie. Une voix sortant des haut-parleurs de la station demande aux gens de quitter calmement les lieux. La crainte d'un attentat avait forcé la fermeture du métro.

Je n'avais jamais vu des Anglais aussi nerveux, un peuple pourtant reconnu pour son flegme. Les quelques dizaines de mètres pour se rendre à l'extérieur du métro ont été les plus longs de ma vie.

Je n'ai jamais su si ma peur, cette journée-là, était fondée. Mais elle était bien réelle pour moi. Les maudits, ils avaient réussi.

Est-ce que les gouvernements ont adopté, au cours des dernières années, de bonnes stratégies pour vaincre le terrorisme? Difficile à dire. Mais tout semble indiquer que ce mal s'est développé comme une bactérie qui résiste aux antibiotiques.

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