On ne cite pas dans la cité!

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Le congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s'amorce ce matin au Château Frontenac, de Québec, autour du thème: «Le virage numérique: et après?» À titre de rédacteur en chef du journal hôte, Denis Bouchard, du Quotidien et Progrès-Dimanche, a été invité à susciter une réflexion sur la profession.

Pendant que les médias surveillent sur leur droite les bouleversements venant des technologies et des habitudes des consommateurs, ont-ils à craindre sur leur gauche la perte de valeur de la marque information en raison de pratiques discutables et douteuses?

Et vlan, le pavé est lancé dans la mare journalistique et certains verront dans le sujet une forme de règlement de comptes alors qu'il s'agit plutôt d'un rappel au jeu de base de la profession: ne pas induire l'auditeur ou le lecteur en erreur en lui précisant bien la source des informations. J'oserais même avancer que si on ne peut pas soulever le problème ici, personne ne le fera pour NOUS.

Ainsi, oui, oui, l'information est en train de perdre son «branding», comme si vous enleviez les logos sur vos produits de consommation, comme votre auto, vos espadrilles et votre frigo, pour y coller ceux d'autres marques.

Il faut se le dire, ce sont les médias eux-mêmes qui contribuent d'abord à cette dilution du «produit» pour des raisons aussi diversifiées que la concurrence, la paresse et le manque de rigueur. Et une fois rendue dans Internet, la nouvelle a, bien entendu, perdu de sa notoriété bien qu'elle gagnera en éternité...

La reconfiguration des médias et les nouvelles habitudes de consommation de l'information ont accentué cette perte du «branding», comme si la nouvelle arrivait désormais par la cigogne ou encore par iCloud. Remarquez que ces changements en arrangent plusieurs!

Pourtant, la source, plus que jamais, demeure importante en raison de la multiplicité des plateformes, d'histoires inventées et de sites malveillants, car elle accrédite le contenu, prouve qu'il y a eu un traitement journalistique et donne une légitimité.

Le virage numérique

Le virage numérique et après?, interroge le thème du congrès. Après, il faut bien nous le dire ou encore il faut l'espérer, il restera toujours l'information. Et si c'est le cas, il faudra bien que quelqu'un travaille à valoriser l'information, à expliquer son importance et en faire la différence entre une rumeur, une histoire dans Internet ou une nouvelle satirique. Et comment voulez-vous que le public démêle tout ça quand la profession elle-même, je dirais la profession élargie incluant les animateurs, les analystes, les commentateurs et les fureteurs, s'en soucie peu!

Évidemment, tous référeront à l'éthique pour expliquer qu'il s'agit d'un allant de soi que l'origine de la nouvelle soit établie peu importe par qui elle est reprise. Sujet chaud cette éthique, qui a le dos large, et qui encaisse sans pouvoir se défendre. Justement, ceux qui l'attaquent, ceux qui s'opposent à toutes formes d'encadrement y compris l'émission d'un titre de journaliste (souvent avec raison) se jouent de l'éthique en s'appropriant un travail intellectuel, payé par les trop rares employeurs qui croient encore à l'information et aux journalistes pour la faire.

Notre époque pousse l'accroc à ses dernières frontières (on n'a probablement pas tout vu!) par le pullulement de sites Web sans journaliste qui reprennent les nouvelles de ces «vieux médias traditionnels» en temps réel en changeant à peine une virgule. Le phénomène semble davantage se produire en région.

Toutefois, nous aurions tort de croire que la pratique se limite aux petits et aux marginaux. C'est viral, c'est le cas de le dire, car de grands empires sont atteints. Parfois, il est difficile de croire qu'une telle pratique s'installe entre les portes de l'école et la station, juste en face.

Comme une chanson, un éditorial ne change pas le monde, mais il peut bien y contenir deux ou trois paroles qui peuvent faire réfléchir!

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