Où, mais où couper?

M. le premier ministre Couillard, (Archives Le Quotidien)

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M. le premier ministre Couillard,

Je suis «Boudrias», un ancien candidat Rhinocéros aux élections fédérales de 1984. Je suis une marionnette vivante et impliquée dans la communauté. Actuellement, je ne peux plus attendre et garder le silence. Je suis indigné! Depuis des mois, j'entends: «Coupez! Coupez! Coupez!» On se croirait dans un mauvais film...

Vos politiques ne me semblent pas justes actuellement, et je crois devoir vous en prévenir.

Où, où, mais, où couper? Dans la santé, en éducation, les programmes sociaux, chez les sans voix? Tout le monde a compris votre stratégie. C'est le déficit zéro et vous ne plierez pas. Je ne peux que vous prédire que vous allez vivre selon moi exactement ce que M. Harper a vécu aux dernières élections, à mon avis. C'est ce que vous voulez? Je vais être magnanime et vous donner des idées. Sans être négatif. Mais vous devez quand même analyser les choses.

Vous avez raison, il ne faut pas couper dans les cadeaux à la SAQ, pas dans les amis, pas dans les paradis fiscaux, pas dans les gros salaires des chefs de sociétés d'État. C'est bien ce que vous nous répétez depuis longtemps? Il ne faut pas toucher à ces privilégiés? Quel beau spectacle avez-vous présenté la semaine dernière quand vous avez sorti un milliard de dollars de votre manche! Bravo! L'illusion était parfaite.

Au Québec, on est bon public et on peut en prendre. Amenez-en d'autres! On voit bien que les meilleurs manipulateurs ne sont pas tous derrière les marionnettes! Et vous devez considérer, M. le premier ministre, que les Québécois ne sont pas que des valises. Ils ont aussi un gros bon sens.

Je suis d'accord avec vous, M. le premier ministre, il faut rester dans les normes pour discuter démocratiquement avec vous et garder les bonnes manières de faire, que nous retrouvons partout, dans toutes les bonnes familles du Québec et du Canada.

J'aime votre politique. Parfois, pour réaliser les projets mêmes les plus fous! Vous semblez assumer parfaitement bien cette fonction actuellement. Comme l'argent ne fait pas le bonheur, n'ayez surtout pas la «cruauté» d'en donner aux pauvres! De toute façon, ils n'ont personne pour les défendre...

Espérons qu'un jour, que jamais les membres des gouvernements ne seront tenus responsables de leurs actes et jugés par un tribunal populaire représenté par le peuple! Je pense que ce serait l'hécatombe au Québec et au Canada.

On ne se racontera pas d'histoire, M. le premier ministre! Faut dire les choses comme elles sont. J'ai consulté des gens de la rue, ils sont tous indignés et déçus. Ils ne croient plus en la politique et ont le sentiment de se «faire avoir» à chaque fois et de façon permanente. C'est comme si vous leur disiez: «Nous voulons votre bien... Nous allons l'avoir!» Ou bien: «Vous allez l'avoir» ?

Aujourd'hui, vous coupez dans ce que vous qualifiez de «gras».

Quant à moi, c'est non dans le programme «PAAS Action» pour les personnes qui ont des problèmes de santé mentale et qui sont éloignées du marché du travail. Vous pensez que ces activités n'occupent que ces personnes en attendant qu'elles rencontrent leur psychiatre? J'espère que ce n'est pas ce que vous pensez profondément? Vous croyez faire des économies sur leur dos? Si vous coupez là-dedans, nous allons payer plus cher en services hospitaliers, en médicament et en service de police!

Nous allons passer notre temps à éteindre des feux. Que veut dire votre silence, M. le premier ministre, quand tous les groupes communautaires au Québec vous mettent en garde avec cette clientèle fragilisée et sans voix? Pourquoi ne pas s'asseoir ensemble pour discuter de tout cela entre vous et moi?

Je vous suggère de faire apparaître un autre milliard de dollars! Investissons-le en éducation, en santé, en art et dans les organismes communautaires de première et de deuxième ligne. Ils sont là les emplois! Et il y a tellement de besoins à combler dans la communauté! Attention de ne pas briser les tissus sociaux que le Québec a mis tant de temps à mettre sur pied.

Une chose est certaine, avec ces investissements majeurs et essentiels, notre société s'en portera mieux et elle éprouvera un soulagement profond et immédiat. Enfin! Tout le monde au travail dans un grand: «vivre ensemble».

Parfois, je pense me renvoyer en politique. Je dirais: chers électeurs, ne votez pas pour moi. Si vous votez pour moi, attention! Vous risquez d'avoir une vraie marionnette au pouvoir!

Avec tout ce qui se passe, c'est une idée folle qui me tourne dans la tête...

Richard Boudrias

Ancien candidat Rhinocéros 1984

École nationale d'apprentissage par la marionnette

Saguenay

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