La forêt pour tous

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Le dossier des baux de villégiature en forêt ne doit pas être traité comme les chalets de villégiature au bord du lac Saint-Jean ou sur les rives du lac Kénogami ou des lacs de villégiature en milieu périurbain. En augmentant de façon disproportionnée les tarifs des baux de villégiature, le gouvernement risque, encore une fois, d'atteindre un point de rupture et de désintéresser les villégiateurs de ce loisir forestier.

Si le gouvernement du Québec veut soutirer plus d'argent avec la villégiature, il devrait commencer par offrir plus de terrains en forêt. Chaque année le ministère des Ressources naturelles offre, au tirage au sort dans la région, une cinquantaine de terrains sur les terres publiques et chaque fois, il y a des centaines de personnes qui participent à ce tirage au sort.

Le fait est que les gens rêvent encore d'un camp de pêche sur le bord d'un lac, mais qu'ils désirent le faire à faible coût en se construisant un camp étape par étape, sans faire un prêt hypothécaire à la banque. Graduellement, année après année, ils vont construire leur chalet de villégiature sans s'endetter. On le sait tous, la majorité de propriétaires de camps de pêche consacre plus de temps à construire leur chalet qu'à la pêche. Nous ne sommes plus des pêcheurs, mais des bricoleurs les fins de semaine.

Avec la hausse des tarifs proposée par le gouvernement, les amateurs vont se tourner vers d'autres loisirs. Les hausses des tarifs rendront aussi plus difficile la vente de ces chalets forestiers. Qui voudra acheter un camp de pêche avec un bail de villégiature qui dépassera les 1000$ par année? Déjà qu'il doit investir pour les droits de chasse et de pêche sur une zec en plus des droits de passage pour l'entretien des chemins, sans compter le coût des permis qui a connu une hausse importante ces derniers temps.

Pour profiter de leur camp de villégiature en forêt, les amateurs doivent investir aussi dans des véhicules utilitaires ou faire l'achat de VTT pour se déplacer sur le territoire sans compter les bris occasionnés aux véhicules en raison du mauvais entretien des chemins forestiers.

Il y a des villégiateurs qui ne seront plus capables de supporter financièrement leur loisir de villégiature et qui devront se départir de leur chalet. Pourtant, ces gens avaient opté pour ce style de vie à l'époque, car il était accessible financièrement. Là, on est en train de leur dire: «Si vous êtes trop pauvres pour profiter de la forêt, sortez et laissez les mieux nantis s'installer.»

J'invite les villégiateurs ou comme ils préfèrent s'appeler les Locataires des terres publiques à se regrouper au sein du RLTP (le Regroupement des locataires des terres publiques) pour revendiquer vos droits. Cette organisation a déjà fait reculer le gouvernement par le passé pour contrer les hausses abusives des baux de villégiature. Plus nous serons nombreux au sein de cet organisme, plus il aura de l'influence auprès des gouvernements. Si vous ne vous impliquez pas, ça signifie que vous être d'accord avec les hausses de tarif qui vont s'appliquer dans les prochaines années.

Si on veut que la jeune génération choisisse aussi la forêt comme style de vie et activité de loisir dans l'avenir, il faut la garder accessible. Quand on pense que des jeunes couples n'ont pas les moyens financiers d'acheter de chalet de pêche de leurs parents, il y a de sérieuses questions à se poser sur l'accessibilité à cette ressource collective. Je le répète, le gouvernement doit juste offrir plus de terrains en forêt pour profiter d'une nouvelle clientèle qui va consommer des matériaux de construction pour se bâtir. Ce sera plus rentable d'ouvrir la forêt à d'autres villégiateurs que d'augmenter le loyer de ceux qui y vivent déjà.

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