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Serge Émond
Le Quotidien

Maintenant que la tempête qui a frappé les Saguenéens lundi s'estompe un peu, il est intéressant de se pencher sur la suite des choses. Les plus récents développements ont fait la démonstration qu'il n'est pas simple de trouver une formule pour gérer un bien public comme l'équipe de hockey junior majeur de Saguenay.

Quelle direction prendra Saguenay dans six ou sept mois, quand les trois gestionnaires qui ont accepté de dépanner jusqu'à la fin de la saison auront terminé leur mandat? À première vue, on pourrait croire que la Ville retournera en appel d'offres. En 2011, le maire avait expliqué la décision d'aller en appel d'offres par son désir de respecter de la Loi 402 des cités et villes. Celle-ci statue qu'une municipalité doit aller en soumission dès qu'elle accorde un contrat d'au moins 21 000$ à une entreprise privée. J'imagine que ce qui était bon en 2011 le sera aussi en 2016.

Si la Ville se tourne encore vers cette option, choisira-t-elle de reposer son choix uniquement sur les garanties financières? Ce qui vient de se produire a fait la démonstration que cette façon de travailler n'a pas été la plus efficace. Est-ce que le critère de l'argent doit absolument primer sur la compétence, la crédibilité et la solvabilité des candidats? Pourquoi ne pas confier le mandat de choisir les gestionnaires à un comité indépendant qui prendra une décision en se basant sur une grille de pondération composée de points bien précis?

Saguenay pourrait aussi choisir de conserver la formule que vient d'adopter le maire Tremblay et confier pour une longue période la gestion de l'équipe à un organisme sans but lucratif.

En attendant de connaître la suite des choses, Richard Létourneau, Jean-François Abraham et Marc Denis auront droit à un cours accéléré sur la gestion d'une équipe de hockey junior majeur au cours des sept prochains mois. Une tâche colossale les attend. À la conclusion de leur sauvetage, ils seront en mesure de déterminer si l'aventure les intéresse toujours et, surtout, quelles conditions sont nécessaires pour permettre à une équipe junior majeur de bien vivre à Saguenay.

Deux prises en partant

Tout ceci étant dit, pourquoi se retrouve-t-on dans cette situation aujourd'hui? Parce qu'une maison dont les assises ne sont pas solides ne peut tenir le coup éternellement.

Au moins deux éléments ont fait en sorte que le groupe qui a obtenu la gestion des Saguenéens de Chicoutimi en 2012 l'a fait avec deux prises contre lui: la décision de Saguenay de se baser uniquement sur l'argent pour évaluer les groupes intéressés et le montant avancé par le groupe à l'époque composé de Pierre-Marc Bouchard, Martin Lavoie, Alain Deschênes et Laval Ménard (352 000$). En plus, ils acceptaient de prendre la responsabilité de services auparavant payés par la ville. Lundi, le maire Jean Tremblay les a évalués à 200 000$ par année.

Une seule chose aurait pu permettre au nouveau groupe de s'en sortir. Il aurait fallu que l'équipe connaisse des succès extraordinaires sur la glace, ce qui aurait ramené les amateurs dans les gradins.

Pour différentes raisons, elles sont nombreuses et il est inutile de les répéter aujourd'hui, les Saguenéens ont continué de tourner en rond et les partisans ont poursuivi leur exode au cours des dernières années. Tranquillement, la maison a perdu des morceaux et elle a fini par s'écrouler. Je crois que l'embauche de Yanick Jean a fait tourner le vent dans la bonne direction, mais il faudra patienter avant d'en récolter les fruits.

La conclusion est malheureuse pour Alain Deschênes. C'est un monsieur extraordinaire qui aurait mérité que ça fonctionne. Il a donné son coeur, du temps et beaucoup de sous aux Saguenéens, mais les conditions étaient invivables. Il était temps qu'il lâche les rênes avant d'y laisser sa santé.

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