Intimidation

Je me suis toujours fait un honneur de me présenter en tant... (Archives Le Quotidien)

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Je me suis toujours fait un honneur de me présenter en tant qu'individu peu violent. En fait, quand bien même que je voudrais faire mon dur à cuire, je ne me suis jamais battu de ma vie et en tenant compte de mes réflexes aussi aiguisés qu'un couteau à beurre, j'imagine que même une mascotte de centre d'achats pourrait me coucher au sol en deux temps trois mouvements.

Mais bon, comme vous le savez certainement, la vie nous offre parfois de ces surprises qui font en sorte que nous sommes parfois tentés de sortir de notre zone de confort et ainsi, de faire un vrai fou de nous.

Maintenant, je ne vous mentirai pas chers amis et chères amies, mais si ce n'avait pas été de ma blonde, j'aurais probablement fait la une de la section judiciaire il y a quelques jours et vous auriez eu toutes les raisons du monde de vous dire «Mais quel idiot» en regardant ma photo.

Le truc, c'est qu'il y a quelques jours, alors que ma blonde bordait notre garçon de 5 ans, voilà que ce dernier a alors fondu en larmes en lui racontant qu'une bande d'enfants de l'école s'amusait à le défier chaque fois qu'il arrivait à l'école et du coup, le pauvre Charlot se retrouvait à devoir affronter seul un groupe d'élèves plus grands et plus forts que lui. Dans un langage scolaire et civilisé, on pourrait facilement qualifier un tel type de pratique d'intimidation.

Je ne vous cacherai pas qu'aussitôt que mon gars m'a répété ce qu'il venait de confier à sa mère, je suis rapidement tombé en mode «plus de sons, plus de lumières». En fait, tout ce que mes yeux réussissaient alors à percevoir, c'était un voile rougeâtre alors que mon coeur battait comme le drum de Slayer dans Raining Blood. Pour vous dire vrai, je suis certain que si j'avais tenu une barre en acier dans mes mains à ce moment-là, elle aurait pété en deux tellement que je bouillais de colère.

Ici, je me répète, mais une chance que ma blonde était là, car vous voyez, un des enfants qui terrorisaient supposément mon fils était le voisin qui vit juste derrière. Je vous laisse maintenant imaginer la scène pathétique qui aurait alors pu se dérouler. Genre que je serais parti en bédaine dans la rue pour ensuite cogner à la porte de mes voisins, leur péter un plomb en leur expliquant tout croche que leur fils était le diable en personne pour enfin réaliser que le plus débile dans tout ça aurait été moi.

Alors au lieu de cette scène qui n'aurait eu sa place que dans un mauvais film américain, ma blonde m'a simplement dit (à plusieurs reprises) de me calmer et puis après une discussion où elle m'a signifié le ridicule de tous mes plans insensés de justice, tout ça s'est terminé par une discussion pacifique entre mamans devant l'arrêt d'autobus le lundi matin suivant.

Si je vous raconte ça, c'est que cette histoire m'a fait réaliser à quel point nous avons sérieusement tendance à perdre les pédales lorsqu'il est question du bien de nos enfants.

Du coup, ce n'est pas très difficile d'imaginer que ceux et celles qui travaillent dans le milieu scolaire et qui doivent régulièrement composer avec des parents en savent quelque chose.

Maintenant, je pourrais vous sortir des chiffres et des statistiques à n'en plus finir afin de vous dire si les enseignants ont raison ou non de pratiquer actuellement des moyens de pression, mais vous commencez à bien me connaître et vous savez très bien que je ne le ferai pas.

Mais bon, quand je réalise à quel point que nous, les parents, sommes de telles bombes à retardement lorsque ça concerne nos enfants, j'ose imaginer que les employés du milieu scolaire ont envisagé toutes les pistes possibles afin de faire reconnaître leurs droits avant de mettre en branle des moyens de pression qui ont des répercussions, disons-le, jusqu'ici très minimes sur les élèves.

Alors voilà, ma tête n'a peut-être aucune idée de comment se positionner par rapport à ce que les travailleurs du milieu scolaire demandent présentement au gouvernement, mais mon coeur me dit que s'ils en sont rendus à risquer de provoquer la colère des parents, ce sont probablement eux qui sont pris en otage par le système, et non pas nos enfants qui sont pris en otage par les enseignants.

Dommage que ça ne soit pas le genre d'histoire qui se règle un lundi matin à l'arrêt d'autobus.

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