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Nous sommes en 2005. La Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique... (Archives Le Quotidien)

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Nous sommes en 2005. La Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise, présidée par Guy Coulombe, venait de compléter ses travaux. «Son rapport va-t-il tuer ou sauver l'industrie forestière?» s'interrogeait, en page couverture, la revue montréalaise Commerce, dans son édition du mois de mai.

Une décennie plus tard, l'application d'une quarantaine de ses 81 recommandations produit l'effet d'une coupe à blanc dans l'industrie forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les corbeaux volent déjà sur le moribond. Quelle force pourra le réanimer et lui rendre sa vitalité d'antan?

L'âge d'or

Une décennie avant la Commission Coulombe, l'exploitation de la forêt boréale commerciale, malgré les écueils de la mondialisation, faisait bien vivre les entreprises et leurs employés. Les usines tournaient à plein régime. Même le papier journal se vendait bien. L'optimisme régnait. Les propriétaires investissaient tout en se tournant avec confiance vers le marché asiatique très prometteur.

À l'invitation de Marc-André Bédard, l'ancien député de Chicoutimi qui fut ministre de la Justice sous René Lévesque, les gouvernements supérieurs et l'industrie avaient avancé les fonds nécessaires à la formation du Consortium de recherche sur la forêt boréale commerciale. L'UQAC logea l'équipe de chercheurs présentement dirigée par Daniel Lord dans un nouveau pavillon enrichi des équipements nécessaires à la poursuite d'une mission bien précise, le reboisement.

Les spécialistes s'inspiraient des méthodes éprouvées dans les pays scandinaves pour augmenter la capacité de régénération de la forêt boréale commerciale au niveau de celle de la Finlande qui fournit à son industrie quatre mètres cubes de bois à l'hectare comparativement à 1,2 au Québec. Mais dans leur tour d'ivoire quelque part sur la Colline parlementaire, les gestionnaires de la ressource n'entendent pas la voix des gens qui oeuvrent sur le terrain, comme nous l'apprenait Le Quotidien dans son édition de samedi dernier. Ils ont, en effet, retiré la subvention que Québec versait annuellement au Consortium. Ils rejettent ainsi du revers de la main le précieux travail accompli depuis 22 ans.

Résolu s'inquiète

Pendant ce temps, l'industrie est malade. Raymond Garneau, le fils de Saint-Prime devenu PDG de Résolu, le répétait pour la ixième fois aux maires de la région.

Dans l'immédiat, il faut surtout corriger les conséquences mortelles de la Commission Coulombe, notamment les droits de coupe prohibitifs. Comme l'électricité pour les producteurs d'aluminium, le coût de la fibre demeure un élément déterminant dans l'industrie forestière. Et comme si la région n'était pas suffisamment pénalisée par la nouvelle politique sur l'exploitation des Ressources naturelles et la campagne dévastatrice de Greenpeace, voici que les États-Unis, partenaires économiques et amis de toujours, entrent dans l'arène pour lui diriger une droite en plein visage avec ses droits compensateurs sur le papier surcalandré. Une sorte de pourboire obligatoire d'une vingtaine de millions$ assénée annuellement aux papeteries de Dolbeau et de Kénogami.

Quel redressement réaliste de la situation le grand patron de Résolu pourra-t-il faire accepter à la prochaine assemblée des actionnaires pour éviter la mise en quarantaine?

Méditons, entre temps, sur son dernier avertissement servi aux maires: si les carnets de commandes sont trop dégarnis pour assurer une exploitation rentable de nos cinq usines du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la fermeture deviendra inévitable.

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