Vingt ans plus tard

Vingt ans après le dernier référendum, remporté par une marge infime par le... (Archives PC)

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François St-Gelais
Le Quotidien

Vingt ans après le dernier référendum, remporté par une marge infime par le «Non», le concept de la souveraineté du Québec est-il dépassé? Cette vaste question est revenue périodiquement dans l'actualité au cours des deux dernières décennies. Elle se pose de nouveau, avec davantage d'acuité, depuis que le gouvernement péquiste de Pauline Marois a été battu par les libéraux de Philippe Couillard, à la dernière élection provinciale, après que l'indépendance du Québec ait pris une grande place dans cette campagne avec l'arrivée sur la scène politique de Pierre Karl Péladeau, aujourd'hui chef du PQ. Avec davantage d'acuité encore parce qu'en 2011, déjà, le Bloc québécois mené par Gilles Duceppe avait été balayé par la vague orange menée par Jack Layton, ce qui avait causé une véritable onde de choc au sein du mouvement souverainiste. Et, la question se pose avec d'autant plus d'acuité, maintenant, dans la foulée de l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire à Ottawa, à l'issue d'un scrutin qui s'est soldé par un autre recul des appuis bloquistes dans les urnes, malgré un gain de quelques sièges à la Chambre des communes. Un scrutin qui s'est soldé, pour le Bloc, par l'éviction d'une région, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, considérée comme un bastion du nationalisme.

Alors, 20 ans après le 30 octobre 95, qu'en est-il de l'indépendance? Quels constats tirer des bouleversements qui ont balayé la scène politique québécoise et canadienne?

On peut conclure, à la lumière des résultats des plus récentes élections, que la souveraineté n'est plus le premier facteur qui détermine les priorités et le choix des citoyens dans les urnes. Il fut une époque où la question ne se posait même pas au Québec: les électeurs votaient d'abord et avant tout selon leur «option» politique; pour le «Oui» ou pour le «Non», pour le PQ ou pour le PLQ, pour le Bloc ou pour le PLC. Ce n'est plus le cas. En témoignent la vague orange de 2011, et la vague rouge de 2015. En témoignent, aussi, la place prise par l'ADQ puis par la CAQ sur l'échiquier politique québécois, celle du NPD au fédéral, puis la place de plus en plus importante des enjeux liés à l'économie, la création d'emplois, la santé, l'environnement ou l'éducation dans les débats.

Ces nouveaux enjeux sont particulièrement importants pour les plus jeunes, ceux qui n'ont pas connu les ardentes joutes constitutionnelles des années 80 et 90, ceux qui n'ont pas voté aux référendums de 1980 et de 1995. Ceux-ci sont ailleurs.

Il ne faut pas tomber dans les pièges de la généralisation. Mais le mouvement souverainiste est de plus en plus étroitement associé au combat d'une autre génération, à celui d'une autre époque, comme l'a démontré justement un sondage dévoilé cette semaine. Les ténors de l'indépendance ont vieilli. Les nouvelles recrues sont, pour la plupart, dans le paysage politique depuis un bout déjà. On peut donc croire que le mouvement souverainiste se trouve dans un creux. À un tournant de son évolution. Un autre tournant...

Le Québec étant condamné à rester un territoire francophone minoritaire dans une mer anglophone, et compte tenu de son histoire, il est évident que l'idée de faire de la province un pays sera toujours défendue, toujours appuyée par une certaine quantité de Québécois.

À cet égard, l'action et l'attitude du gouvernement fédéral auront toujours une incidence déterminante, cruciale, sur la suite de l'histoire, à court moyen et long terme. Un gouvernement ouvert aux réalités, aux particularités et aux préoccupations du Québec et des autres provinces et territoires du Canada n'aura pas le même impact «mobilisateur» pour le mouvement souverainiste qu'un gouvernement centralisateur et fermé à ces enjeux.

L'élection d'un gouvernement libéral «Trudeau» à Ottawa, avec toute la charge émotive liée à ce nom de famille, est, dans ce contexte, lourde de sens. Les Québécois, comme une majorité de Canadiens, veulent manifestement la même chose: une économie en santé, de bons services publics, un gouvernement plus vert. Voilà qui constituent leurs priorités actuelles, et celles que devra défendre le cabinet qui sera nommé par Justin Trudeau. Voilà des défis dont les réponses auront des impacts très concrets sur l'appui à la souveraineté à court, moyen et long terme.

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