Les erreurs du passé

L'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière sera bientôt démolie.... (Archives Le Quotidien)

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L'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière sera bientôt démolie.

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Depuis 40 ans, la ville de Jonquière a misé presque tout sur un urbanisme de promoteur au détriment d'un urbanisme «prometteur». La démolition prochaine de l'église Notre-Dame-de-Fatima en est la désolante confirmation. Construite il y a près de 50 ans, elle fut la «tour Eiffel» de Jonquière: présente sur toutes les cartes postales et dans tous les cours d'architecture. Elle représentait une affirmation architecturale d'un urbanisme prometteur. Puis arrivèrent les années 1970, l'esprit de la Cité fut lentement remplacé par des ambitions corporatives au goût douteux: c'est l'urbanisme de promoteur.

D'abord la construction de Place Centre-Ville, une «verrue de brique et de béton» au coeur de la ville: on la cite désormais dans les cours d'urbanisme, mais pas pour les bonnes raisons... Plus tard, dans les années 1980, les bars et discothèques -et leurs incontournables parkings- poursuivirent l'oeuvre destructrice. Et enfin, un complexe d'épicerie acheva le dépeçage de l'habitat et de ses habitants.

Les autorités municipales ont prouvé leur myopie intellectuelle pendant ces quatre décennies. Ainsi, le modèle de développement est encore celui des années 1950; la prospective se limite aux prochaines élections; et enfin, le gros et surtout le grotesque sont encore le goût du jour.

Malgré tous ces efforts pour chasser les familles et les petits commerces; ceux-ci réussissent à survivre tant bien que mal. De la micro-brasserie à la pâtisserie, en passant par la librairie; ils résistent aux gros promoteurs et aux notables bien établis. Ainsi, la bonne volonté remplace le mauvais goût, l'innovation remplace l'uniformisation.

Le retrait de la vie politique du maire Jean Tremblay sonne peut-être le glas de l'âge d'or de ces notables et de leurs «complices»? De nouveaux gouvernants sont nécessaires pour sauver ce qui peut l'être et corriger ce qui doit être.

D'ailleurs le travail de conseiller -ou de fonctionnaire- ce n'est pas que de se taire et d'encaisser son chèque pendant des décennies; c'est aussi d'avoir les yeux ouverts et le verbe vif devant les hideurs urbaines.

Jean-Claude Bouchard

Professeur de sciences politiques, Cégep de Jonquière

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