Contrer le harcèlement

Le harcèlement nuit au climat au travail.... (Photo 123rf)

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Le harcèlement nuit au climat au travail.

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

Avoir de l'argent, du standing, du pouvoir, le respect de ses pairs, porter un veston-cravate, être à la tête d'une haute société, diriger plusieurs employés et en plus, avoir un pénis autorisent-ils de commettre n'importe quels gestes, paroles, actions qui pourraient offenser, intimider ou encore humilier tant ses proches collègues féminines que la dernière secrétaire d'une hiérarchie professionnelle? Pour ceux qui semblent penser que oui, moi, je vous dis non!

Vous aurez compris que je veux en venir, par le biais de cette chronique, à vous parler d'harcèlement sexuel au travail, un sujet d'actualité. Se camouflant parfois en taquinerie, en badinerie ou en «semi-cruise» qui pourrait apparaître flatteuse, ce type de harcèlement propose une conduite vexatoire à la fois hostile et non désirée, portant atteinte à la dignité de la victime et/ou à son intégrité psychologique et physique conduisant, par conséquent, à un milieu de travail néfaste tel que le précise la Commission des normes du travail du Québec.

Pas certain de bien comprendre? Voici quelques exemples qui pourraient vous éclairer: passer à côté de sa voisine de bureau de très près afin de percevoir le volume de ses seins ou encore indiquer son érection manifeste; faire des petites chatouilles aux hanches de la réceptionniste ou encore avoir les mains un peu trop baladeuses; complimenter les fesses d'une journaliste en faisant référence à sa jupette; insérer un crayon dans la «craque» de son adjointe; demander à madame si elle a fait l'amour hier; la siffler, lui porter un regard soutenu les yeux dans la graisse de bine; l'inviter à diverses pratiques sexuelles, lui montrer ses nouveaux boxers, etc.

Absolument rien pour donner l'envie de rentrer travailler le matin, n'est-ce pas? Mais pourquoi endurer cela? Existe-t-il une omerta par rapport au harcèlement sexuel en milieu de travail?

Faut-il encore une fois préciser que la majorité des victimes de ce dernier sont de sexe féminin et que, même si le chapeau ne fait qu'à une faible minorité, les hommes se voient davantage porter le qualificatif de «harceleur». Bien que le phénomène puisse se définir par un seul évènement de nature grave ayant un impact nocif dans le temps, les experts précisent que, comme pour toutes sortes de violence, le harcèlement sexuel au travail s'installe progressivement et insidieusement. Ce qui, au début, avait l'air de compliments anodins devient, avec le temps, des remarques inacceptables à connotations sexuelles. «Comment stopper un engrenage que j'ai laissé débuter», penseront quelques-unes, comme s'il s'agissait de leur faute. Vient ensuite la vulnérabilité. Le harceleur est conscient du pouvoir professionnel qu'il possède, mais choisit également à qui il aura affaire et avec qui il pourra mener son stratagème. Une omerta donc? Absolument! Qui, par exemple, osera s'en prendre au grand patron? Tout le monde a besoin de manger, de payer sa maison, d'habiller les enfants. Voilà une relation de pouvoir que plusieurs se voient tolérer par peur de perde son travail. Idem pour la crédibilité. Bien que de dénoncer une telle situation corresponde à ce que toute victime se doit de faire, cette idée apparaît, plus souvent qu'autrement, à une lutte sans fin de David contre Goliath! Combien de fois ai-je entendu des gens soutenir, endosser voire banaliser les gestes terribles commis par leur confrère/ami/collègue par fausse solidarité, misogynie, peur et autres? Alors, le harcèlement sexuel au travail, une simple histoire entre une victime et un harceleur?

Absolument pas! Le saviez-vous que la direction de votre milieu de travail doit offrir à chacun de ses employés un milieu sain exempt de tout harcèlement et ce, peu importe sa nature. Prévention, redressement de situation, sanction, mise à pied, support psychologique et j'en passe incombent tous de sa responsabilité. Puisqu'il n'y a jamais qu'une seule personne à la tête d'une compagnie, faites respecter vos droits. Si tout commence par la dénonciation, foncez parce que la victime, c'est peut-être vous.

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