Le civisme, une question d'attitude

«Certes, les cyclistes qui ne respectent pas le... (Photos Stéphanie Mantha)

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«Certes, les cyclistes qui ne respectent pas le Code de la sécurité routière sont aussi fautifs que les automobilistes, à cette différence près que les cyclistes insouciants -contrairement aux automobilistes insouciant - ne mettent pas la vie des autres en danger, ou enfin très rarement, comme les statistiques le démontrent», estime l'auteur.

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Suzanne Leblanc, Vélo Québec
Le Quotidien

Saguenay a lancé un débat important sur la cohabitation entre les piétons, les cyclistes et les automobilistes sur le réseau routier. Notamment, la ville souhaite faire respecter sa limite de vitesse de 30 km/h pour les cyclistes qui empruntent les pistes cyclables. Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec et l'animateur radio Martin-Thomas Côté, se penchent sur le sujet. 

Sur la route, il tombe sous le sens que piétons, cyclistes et automobilistes doivent se responsabiliser face à autrui. Certains jours toutefois, je me demande jusqu'où notre insouciance collective nous mènera. À force d'enfreindre les règlements de la circulation et d'agir comme si la rue nous appartenait, nous sommes tous à rejeter la faute sur autrui.

Certes, les cyclistes qui ne respectent pas le Code de la sécurité routière sont aussi fautifs que les automobilistes, à cette différence près que les cyclistes insouciants -contrairement aux automobilistes insouciant - ne mettent pas la vie des autres en danger, ou enfin très rarement, comme les statistiques le démontrent. D'où l'importance de rappeler la pertinence du principe de prudence, qui veut que le plus lourd et le plus rapide doit faire preuve, pour des raisons évidentes, d'une prudence accrue envers les usagers les plus vulnérables. Ce principe n'est certes pas une dispense aux cyclistes et aux piétons de respecter les règles sous prétexte qu'ils causent peu de dommage, mais plutôt un fondement au fait que conduire une voiture est un privilège qui exige un haut niveau de responsabilité.

Il y a de plus en plus de cyclistes sur les routes du Québec et la majorité d'entre eux préfèrent rouler sur des pistes cyclables ou des routes à faible circulation automobile pour des raisons évidentes.

Si l'usage de routes à fort débit de circulation n'est pas le premier choix des cyclistes, il reste souvent incontournable pour rejoindre sa destination. Les cyclistes se retrouvent donc sur tous les types de route, comme la loi le leur permet, à l'exception des autoroutes. Par ailleurs, les cyclistes se sentent plus en sécurité là où il y sont en grand nombre et lorsque les automobilistes agissent de façon respectueuse et prudente envers eux (vitesse modérée et espace de dépassement adéquat). Les temps ont changé, la très grande majorité des automobilistes sont cyclistes et la majorité des cyclistes sont aussi automobilistes. Et pour terminer, nous sommes tous piétons!

Les principaux irritants que vivent les cyclistes tiennent au fait que les règles actuelles du Code de la sécurité routière sont désuètes et ne tiennent pas compte de la réalité du vélo. Les cyclistes ont beaucoup plus de points communs avec les piétons qu'avec les autos. Ils ont entre autre besoin d'un environnement où la vitesse des voitures est modérée.

Le ministre des Transports a créé l'an dernier un groupe de travail pour se pencher sur la sécurité des cyclistes afin de faire des recommandations pour modifier le Code de la sécurité routière dans le but d'accroître la sécurité des déplacements à vélo. Vélo Québec a participé à ces discussions et nous sommes impatients de voir ce que le ministère va proposer. Un projet de loi devrait être déposé cet automne.

C'est dans ce contexte que nous croyons qu'il faut profiter de cette réforme pour convenir collectivement du principe de prudence sur la route.

En vigueur en France et en Belgique, celui-ci reconnaît que les conducteurs doivent faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des catégories d'usagers les plus vulnérables tels que les piétons et les cyclistes et il en est de même pour les cyclistes à l'égard des piétons.

Une chose est claire, si nous persistons individuellement à penser que nous avons toujours priorité sur celui qu'on croise, nous n'améliorerons pas collectivement nos relations sur la route.

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