Un défi de taille à relever

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MARCEL BOULAIS
Le Quotidien

Lorsqu'en décembre le maire Tremblay a profité de la présentation du budget pour annoncer sa volonté de diminuer la taille du conseil, il en surprend plus d'un. Il souligne que 19 conseillers c'est trop cher pour les finances municipales et que 12 est un nombre suffisant. L'argument financier constitue une volte-face de sa part. Lors des demandes de dérogations en 2002, 2006 et 2009, le principal argument était d'assurer la représentation politique de proximité pour les anciennes municipalités (Laterrière, Shipshaw, Lac-Kénogami et Canton-Tremblay).

Au-delà du motif de la réduction des dépenses publiques, il y a lieu d'examiner l'actuelle délimitation des districts électoraux de Saguenay. Idéalement, chaque district devrait comporter un nombre identique de personnes ou le plus près possible de la moyenne municipale qui s'établit à 7742. La loi indique qu'un écart de 15% à la moyenne, en plus ou en moins, est acceptable. C'est le principe de l'égalité du vote des électeurs. Actuellement, 14 des 19 districts ne respectent pas cet écart: six districts sont surreprésentés dont les quatre anciennes municipalités, et la population est sous-représentée dans huit autres. Le principe de l'égalité du vote n'est pas atteint au sein de la municipalité et appelle donc à une révision.

Quant au principe du respect des communautés naturelles, la particularité à Saguenay est d'assimiler ce critère aux anciennes municipalités dans la délimitation de certains districts électoraux afin de ménager des susceptibilités et assurer la représentativité des populations ayant déjà compté un conseil municipal. Cette empathie à l'égard de la population des anciennes municipalités semble être évacuée, en raison de l'harmonisation des pratiques et l'intégration des services au sein de Saguenay. En fin de compte, seul l'argument de la baisse des dépenses publiques tient la route.

L'élimination proposée de sept postes de conseillers apparaît bel et bien comme une réduction des dépenses municipales et sera visible à court terme. Cependant, il convient de relativiser les gains financiers de l'opération diminution au regard des éléments suivants: une hausse possible du "salaire" des conseillers en raison d'une charge de travail augmentée, des impacts financiers d'une utilisation plus substantielle des fonctionnaires par les élus, d'une augmentation potentielle du nombre de fonctionnaires. Ces arguments avancés auparavant sont dans l'actuelle équation budgétaire et font qu'une baisse significative des dépenses peut sembler aléatoire.

L'arrivée d'une opposition officielle au conseil municipal en 2013 et de nouveaux élus indépendants prenant leurs distances du maire a eu pour effet de modifier le «climat politique serein» qui existait avant. Cette sérénité était un point majeur à ne rien changer, toujours selon le maire. Pour lui, le nombre idéal de conseillers serait de 12, un nombre en deçà du minimum de 14 prévus par la loi. Pourquoi donc promouvoir une baisse sous le minimum?

Considérons un climat politique moins serein qu'avant au conseil de ville. Travailler avec 12 élus au lieu de 19, c'est plus facile de faire passer les projets. Ajoutons que le maire Tremblay veut créer un parti politique. Lors de la prochaine campagne électorale, il y aura contrôle et uniformité du message, une visibilité accrue, et une équipe dédiée derrière le chef pour faire mordre la poussière à toute opposition.

L'argument de la réduction des dépenses publiques permet au maire Tremblay d'éviter une nouvelle demande de dérogation. Sa proposition n'est pas seulement une adhésion au resserrement des dépenses publiques, mais aussi une volonté de réoccuper tout l'espace politique. Reste maintenant à formuler une proposition de délimitation des districts électoraux dont le processus devra être transparent et à l'abri de considérations partisanes.

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