Seul média au feu

Il y a un an je vivais la soirée professionnelle la plus palpitante de ma jeune... (Archives - Pascal Girard)

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Pascal Girard
Le Quotidien

(Chicoutimi) Il y a un an je vivais la soirée professionnelle la plus palpitante de ma jeune (pas trop quand même) carrière. Je me suis retrouvé le seul journaliste sur place à couvrir le fait divers de l'année.

Dans la soirée du lundi 9 décembre, je travaillais à la mise en page des sports. Une fois mes pages terminées, j'avais décidé de rester pour faire une petite veille informatique pour mes collègues. Notre chef de pupitre Gilles Lalancette avait quitté et avait donné comme instruction de suivre le déroulement du vote d'un projet de loi à l'Assemblée nationale.

Alors que je m'apprêtais à fermer mon ordinateur passé 23 h, j'ai vu passer un gazouillis (tweet) mentionnant une intervention sur le pont Dubuc. J'ai alors pensé simplement que c'était les travaux de réfection en cours qui forçaient une fermeture. On a alors, ma collègue Patricia Rainville et moi, écouté le balayeur d'ondes et appelé les pompiers. Nous n'avons pas vraiment eu d'information concluante.

Comme Patricia demeure sur la rive nord, je lui ai alors proposé de prendre sa place au pupitre et qu'elle pourrait passer par le pont pour aller voir ce qui se passait. Elle a préféré me laisser y aller.

J'ai alors dit à mon autre collègue, Rémi-Gilles Tremblay maintenant aux commandes, que je ferais un détour par le pont, même si Le Quotidien est sur le boulevard Talbot et que je suis Baieriverain.

Par mon chemin habituel j'ai gagné le centre-ville. Au moment d'emprunter la côte Salaberry, j'ai bien vu qu'il y avait une grosse lumière inhabituelle sur le pont. Plus je m'approchais, plus la situation devenait claire. Le pont, en béton, brûlait!

Une fois stationné près du pont Sainte-Anne, j'ai appelé Rémi-Gilles au journal. «On tue la Une Rémi. Le pont brûle. Dis à Jeannot de se lever et de venir me rejoindre.»

J'ai ensuite tenté de me rendre en voiture sur l'autre rive. Heureusement, je fus un des premiers à qui on a interdit de traverser. À mon retour près du pont Sainte-Anne, j'ai rejoint Jeannot Lévesque qui voyait bien que je n'avais rien inventé. Le pont en béton brûlait bel et bien.

Nous avons emprunté le seul pont accessible (!) pour traverser à pied. La scène était vraiment impressionnante. J'ai devancé Jeannot qui a pris les photos, dont celle qui s'est retrouvée sur la Une. Nous allions apprendre à nos lecteurs pourquoi la ville était maintenant coupée en deux à leur réveil.

Le plus impressionnant comme journaliste fut de constater que j'étais le seul sur place, sans personne des autres médias. J'ai ainsi pu parler aux policiers, ambulanciers, au ministère des Transports, à un employé de l'entrepreneur et même à un conseiller municipal. Le plus beau dans tout ça, c'est que je n'ai même pas eu de texte à écrire. Patricia Rainville l'a fait avec les informations que je lui transmettais.

Tout juste avant 1 h du matin, la page frontispice était envoyée à l'impression. Tous nos lecteurs le sauraient et le verraient avant tout le monde.

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