Couper sans punir les régions

Martin-Thomas Côté... (Archives Le Quotidien)

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Martin-Thomas Côté

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Martin-Thomas Côté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le Québec est atteint de «Stucturite». Alors que nous cherchons désespérément de l'argent un peu partout, et parce que le citoyen n'en peut plus d'être taxé, il y a un désir de revoir les façons de faire. Les commissions scolaires deviennent alors la cible des partis politiques. Après la réforme du ministre Barrette dans le monde de la santé, les ciseaux du gouvernement seront assurément réorientés vers le monde de l'éducation. Et ça commence par les commissions scolaires, un modèle inefficace qui n'a plus les moyens de remplir sa mission.

Il faut mettre quelque chose au clair: on ne doit pas abolir les commissions scolaires au détriment des régions. Si l'abolition est une autre façon de nous déshabiller au profit de fonctionnaires à Québec, nous contribuerons au déclin de notre milieu. Alors que les nouvelles technologies devraient favoriser une décentralisation, nous ne cessons de perdre le contrôle des impôts que l'on paie à Québec. Cela étant dit, il ne faut pas non plus créer inutilement des structures juste pour avoir des jobs. Il faut donc trouver des solutions qui puissent satisfaire notre objectif de compression tout en gardant l'ensemble de nos pouvoirs.

Écoles

Alors pourquoi ne pas retourner ces pouvoirs aux différentes écoles? Pourquoi ne pas responsabiliser nos directions d'écoles? Éliminons l'intermédiaire entre les établissements et le ministère; laissons les écoles gérer leur propre budget adapté aux réalités de leurs milieux.

Du même souffle, peut-on aussi rentabiliser davantage le travail de nos élus municipaux? Plutôt que de les retrouver dans des conseils d'administration d'évènements, peuvent-ils occuper le rôle laissé vacant par la disparition de commissaires scolaires? Comment faire des économies de structures sans centraliser les pouvoirs à Québec? C'est le grand défi.

Le problème des commissions scolaires, c'est qu'elles ne sont pas sexy. Un taux de participation qui frôle les 7% aux élections scolaires, c'est trop peu. Vingt millions de dollars pour une campagne électorale qui n'intéresse personne, c'est scandaleux.

La présidente de la Fédération des commissions scolaires qui nous dit que le problème, c'est le manque de publicité, c'est ridicule. Le désintérêt ne vient pas d'un manque de visibilité, c'est juste fastidieux, inintéressant et inutilement complexe. Trop d'instances différentes: direction d'école, conseil d'établissement, conseil des commissaires, ministère de l'éducation...

Au Québec, nous avons de la difficulté à comprendre les rouages de nos institutions. Que ce soit la formation de C.A, le rôle des différents paliers de gouvernement ou tout simplement comment s'orchestre une direction générale, les Québécois sortent des études secondaires avec une lacune en administration. C'est un constat qui est dur mais nécessaire. Il est donc naturel de les voir se désintéresser de la chose publique. Et c'est sans compter que plus souvent qu'autrement, les jeunes parents sont sous-représentés dans les conseils des commissaires alors qu'ils sont les premier concernés, après les élèves, par les décisions qui y sont prises.

Nous devons simplifier nos façons de faire pour aller chercher l'attention des jeunes. Moins de blabla, plus d'action. Si le parent a vraiment l'impression de pouvoir changer les choses, son intérêt reviendra rapidement.

Le statut quo est devenu trop souvent la solution privilégiée par les Québécois. Malheureusement, il n'est plus acceptable dans le monde de l'éducation.

Les commissions scolaires sont arrivées au bout de leur vie utile. Elles n'ont plus d'argent, servent plus souvent qu'autrement de boucs émissaires pour les décisions impopulaires du gouvernement et refusent de s'adapter aux nouvelles réalités de leur milieu. Si nous voulons garder notre mot à dire dans l'éducation, nous devons rapidement travailler à des solutions, sinon Québec abolira les commissions scolaire et rapatriera tous les pouvoirs dans sa «Tour d'ivoire» de la ville centre. Dans ce scénario, les régions seront les grandes perdantes.

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