Les montagnes russes du Sommet de l'éducation

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La direction de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) est dans tous ses états depuis que le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, a lancé l'idée de donner le pouvoir aux grandes universités d'augmenter les frais de scolarité pour affronter la concurrence mondiale. Il cible McGill, Montréal, Laval et Sherbrooke.

Un projet que l'UQAC juge méprisant. Quand on pense que notre université régionale a contribué à la démocratisation de l'enseignement supérieur, qu'elle a réussi à attirer des chercheurs de la trempe de Masoud Farzaneh et qu'elle a développé son réseau jusqu'en Chine, vraiment, il y a de quoi entrer dans une colère noire.

Sauf que ce n'est pas contre François Legault que l'UQAC doit diriger son indignation, mais contre le gouvernement Marois et son ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, qui sont descendus dans la rue pour appuyer les carrés rouges dans un dessein purement électoraliste. Résultat: ils ont donné de la crédibilité à des jeunes immatures plutôt qu'à des recteurs et des gestionnaires expérimentés. Certes, il y a eu des excès, l'Ilôt Voyageur, des dépenses inconsidérées de restos, de voyages, des salaires pharaoniques à certains dirigeants... Soit! La vigilance s'impose, fort bien. Mais faut-il pour autant mettre tout un réseau en péril parce qu'il y a eu des événements fâcheux et que des étudiants au nombril vert ont décrété que les universités ne souffrent d'aucun sous-financement? La réponse est non.

Excellence

Devant toute cette excitation étudiante et les déclarations inopportunes d'un ministre qu'on n'arrive même plus à suivre, il y a François Legault qui a la sagesse de parler d'excellence universitaire. Ce serait honteux de s'en plaindre.

Nous vivons dans un pays riche, mais dans une province pauvre qui doit ses exceptionnels programmes sociaux aux revenus de péréquation dont bénéficie le Québec. Ce n'est pas en augmentant les impôts des gens ordinaires qu'on créera de la richesse, mais en développant intelligemment nos ressources naturelles. En attendant que le Québec s'enrichisse comme l'Alberta, il n'a pas les moyens d'offrir la gratuité scolaire. Tout le monde doit faire sa juste part, y compris les étudiants. C'est aussi simple que ça. L'argent n'est pas disponible.

En voulant plaire aux étudiants, aux artistes et autres casseroles, le gouvernement Marois s'est placé dans une position de grande vulnérabilité. C'est rendu que L'ASSÉ lui lance un ultimatum (et de quel droit?), notamment que la gratuité scolaire soit considérée comme une mesure envisageable dans les pourparlers du Sommet, sinon elle se retire. Comme le gouvernement s'est littéralement écrasé, les étudiants bombent le torse en se disant qu'il n'aura d'autre choix que de plier encore. Mais, reconnaissons une qualité à l'ASSÉ: on peut ne pas être d'accord avec sa position, mais elle a le mérite d'être claire. La gratuité a toujours été son scénario. La FEUQ et la FECQ n'ont jamais joué franc-jeu. Comment réagiront-elles? Une boîte à surprise. S'adonneront-elles au chantage?

Deux types d'université

Quand on voit un gouvernement couper à l'aveugle les subventions aux universités et à la recherche et ignorer totalement le problème de sous-financement, personne n'est dupe. Il y aura des sacrifiés et ce seront les universités en région qui écoperont les premières. Qu'est-ce que nous voulons au Québec? Le modèle français? Des universités gratuites avec des professeurs débordés et des classes archi pleines et des universités payantes qui forment l'élite?

Les recteurs et autres gestionnaires et chercheurs ne joueront pas de la casserole dans la rue. Ils ne gagneront pas la bataille de l'opinion publique. Du reste, ils l'ont déjà perdue. Sans argent injecté dans tout le réseau, impossible de former une main-d'oeuvre hautement qualifiée et compétitive, dans des universités reconnues mondialement, et des leaders mondiaux en recherche scientifique. Surtout, il serait irréaliste de penser que nos universités en région, qui se sont tant démenées pour offrir l'excellence, puissent s'en sortir sans égratignures dans un pareil contexte. Déjà, l'UQAC doit plancher sur tout un plan de compressions. Allons-nous laisser son avenir se fragiliser? C'est désespérant!

Élite

La rue ne défendra pas ce qui lui apparaît comme élitiste. C'est triste de constater que seule une minorité comprend l'importance d'un Québec qui ne se complaît pas dans la médiocrité, mais qui rayonne à l'international avec ses découvertes scientifiques grâce à des chercheurs compétents et reconnus partout dans le monde.

Le gouvernement se dirige vers un mur. Nous ne lui souhaitons pas, mais admettons qu'il l'a bien cherché. Remarquez que nous pouvons toujours laisser les étudiants faire la pluie et le beau temps et s'en tenir à un Québec qui nivelle vers le bas! Quel mauvais film en perspective!

DES MAUVIETTES, QUE NON !

Trois journalistes : Katerine Belley Murray, Louis Potvin et Roger Blackurn ainsi qu'un repré sentant publicitaire, Jean-Michel Lafontaine, participent à une expédition sur le lac Saint-Jean dans le cadre du Défi des deux Mario. L'objectif est d'amasser des fonds pour permettre à des jeunes atteints de cancer de participer à des expéditions thérapeutiques. Ils couchent deux nuits sur le lac dans un tente pas de fond. Brrr ! Oh que je ne les envie pas ! Je suis bien trop douillette. Pourvu qu'ils ne nous arrivent pas avec la grippe.

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