Écrire l'histoire

Partager

François St-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Tout bien considéré, il y a bien peu de chance que la route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides, change bientôt d'appellation sur les cartes routières et les GPS! La suggestion, lancée par le maire de Saguenay, Jean Tremblay, à l'effet de rebaptiser la nouvelle route à quatre voies divisées du nom de la conseillère municipale Marina Larouche en lieu et place de l'ancien ministre Antonio Talbot a reçu un accueil mitigé.

À peu près tout le monde s'accorde sur les mérites de la doyenne des élues municipales de la région. Il est vrai que celle-ci a joué un rôle important au sein de l'organisme «Accès-Bleuets», organisme qui a milité sans relâche et généralement à contre-courant pour que se concrétise «l'autoroute du Parc des Laurentides». Vrai, également, qu'elle n'était pas seule à livrer ce combat, même si elle a été jusqu'à devenir candidate libérale provinciale, sous la bannière de Jean Charest, pour tenter de faire avancer le projet.

Le véritable coeur de la question, c'est plutôt que la route 175 a déjà un nom officiel inscrit dans le grand livre d'histoire du SaguenayLac-Saint-Jean, et que la possibilité de reléguer dans l'ombre le nom d'un des grands bâtisseurs de la région apparaît, dans le contexte actuel, plutôt délicat. Les réticences, notamment exprimées par les ministres Alexandre Cloutier et Stéphane Bédard devant le projet du maire Tremblay, sont légitimes. Et, techniquement, le seul fait que Marina Larouche soit encore vivante rend impossible d'accoler son nom à la route du «Parc», ne serait-ce qu'en vertu des stricts critères de la Commission de toponymie du Québec!

Actualité

La suggestion du maire de Saguenay a cependant le mérite de ramener à l'avant-plan de l'actualité le fait que les travaux de modernisation de la route 175 sont à toutes fins utiles terminés. La symbolique ne saurait être plus forte en cette année, justement, du 175e anniversaire de la colonisation du «Royaume». La région peut enfin compter sur un lien routier sécuritaire et moderne pour relier directement son industrie et ses attraits au reste du Québec. Sans doute, en cette année de festivités, le parachèvement de ce chantier qui aura été au coeur de l'actualité régionale durant des décennies, devra être officiellement souligné. C'est incontournable. À tel point qu'un jour, quelqu'un, d'ailleurs, finira bien par écrire un livre sur la saga.

Alors, comment souligner l'événement? C'est ce qui devra être déterminé, et c'est là que la réflexion amorcée par la plus récente sortie du maire devient encore plus pertinente. De quelle manière, en effet, convient-il de le faire, au-delà d'un simple changement d'appellation? Et, où le faire? À l'Étape? Par le biais d'ajouts au Musée de la Pulperie de Chicoutimi? À Laterrière? Ensuite, il faudra déterminer quels bâtisseurs méritent d'être honorés dans ce contexte, aux côtés de Marina Larouche.

Place

À travers les réponses à ces interrogations, c'est l'ensemble de la place de l'histoire à Saguenay et dans l'ensemble du SaguenayLac-Saint-Jean qui se retrouve sous le feu des projecteurs en ce début d'année des Fêtes du 175e. C'est tant mieux!

Car, à travers l'ensemble du processus ayant conduit à la naissance de Saguenay, puis à celui visant à construire l'identité de la nouvelle grande ville, le patrimoine et la mise en valeur de la petite et de la grande histoire des entités municipales qui forment aujourd'hui la capitale régionale ont été occultés. Pensons au site fondateur de l'ancien poste de traite de Chicoutimi, laissé pratiquement à l'abandon, et plus récemment au débat entourant le nom de l'Auditorium Dufour.

Des initiatives comme la tentative reconnaissance du statut patrimonial du secteur d'Arvida ou la restauration de parcs ou d'attraits comme la croix ancestrale du pont d'aluminium, démontrent que la roue tourne et que ces questions reprennent peu à peu, sur la scène municipale, la place qu'elles doivent logiquement avoir. Une décennie après sa naissance, alors que la fusion est réglée et acceptée et que le SaguenayLac-Saint-Jean célèbre ses racines, il est justifié de jeter un regard sur le passé pour mieux appréhender l'avenir de la capitale régionale.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer