Un élan

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François St-Gelais
Le Quotidien

Au SaguenayLac-Saint-Jean, sur le plan économique, l'année 2012 s'achève comme elle a débuté. Dans l'inquiétude. Les deux principaux moteurs industriels de la région, la forêt et l'aluminium, tournent au ralenti. Dans le cas du bois, les espoirs d'une relance durable ont été occultés par d'autres fermetures d'usines et de nouvelles et douloureuses pertes d'emplois. La papeterie d'Alma, épargnée par le couperet pendant les années les plus noires de la crise forestière, a été rattrapée, elle aussi, par la conjoncture économique. Plus de 100 postes y sont abolis.

Cette même conjoncture économique a aussi rattrapé le domaine du métal gris. La demande mondiale d'aluminium a chuté au cours des 12 derniers mois. Pour cette raison, les projets d'expansion de Rio Tinto Alcan à Jonquière (2e et 3e phase de l'usine AP60) et à Alma, ont cessé d'être la priorité qu'ils étaient au plus fort des années 2010 et 2011.

En matière de métal gris, le lock-out à Alma, décrété dans les premières secondes de 2012, aura en quelque préfiguré des soubresauts qui ont affligé l'industrie de l'aluminium en 2012.

Attaques

À maints autres égards, l'économie régionale a été la cible d'attaques provenant de toutes parts. Les avantages liés à la Vallée de l'aluminium sont peu à peu grugés par les régions centrales. La possibilité de construire en bois le nouveau Colisée de Québec, offrant du coup à l'industrie forestière une vitrine technologique unique, a été écartée. L'usine Novelis de Jonquière, fleuron technologique de la première transformation de l'aluminium, a été brutalement fermée. Au début du mois de décembre, ses premiers équipements ont été démantelés et expédiés vers l'État de New York. Du côté du Complexe Jonquière de RTA, l'incertitude plane quant au sort des cuves précuites, qui arrivent au bout de leur vie utile. Toutefois, à cet endroit, le syndicat et la multinationale ont réussi à s'entendre et à conclure dans le calme et dans la sagesse un nouveau contrat de travail qui permet d'espérer un avenir prometteur.

Même le programme d'Art et technologie des médias (ATM) du Cégep de Jonquière, dont la réputation n'est plus à faire, a été la cible de convoitise et de menaces d'ordre politique. L'intervention prompte et sans doute courroucée du ministre et député de Jonquière Sylvain Gaudreault, dans ce dossier, semble avoir écarté le risque de voir ce programme collégial exclusif, qui a fait la renommée du collège jonquiérois, implanté ailleurs au Québec.

L'année 2012 n'aura pas uniquement été marquée par de mauvaises nouvelles. Heureusement! Ainsi, après des années de vaches maigres, Produits forestiers Résolu (PFR) a recommencé à investir dans ses installations saguenéennes et jeannoises. L'usine de Dolbeau-Mistassini a, pratiquement contre toutes attentes, repris la production.

De son côté, RTA a procédé à l'inauguration des nouvelles turbines de la centrale Shipshaw. L'investissement de près de 300 M$, le premier du genre en plus d'un demi-siècle dans la région, est venu confirmer la place prépondérante que continue toujours à occuper le SaguenayLac-Saint-Jean sur l'échiquier mondial de la production primaire d'aluminium. Le Centre d'excellence des drones d'Alma a pris son véritable envol. Alors, verre à demi-vide ou à demi-plein?

Élan

Grâce au coup d'envoi des festivités du 175e anniversaire de la colonisation de la région, l'an 2013 s'amorce dans un climat plus optimiste que 2012. Sur le plan culturel, artistique et touristique, le SaguenayLac-Saint-Jean profitera, au cours des prochains mois, d'un élan certain. Cet élan se transposera-t-il sur le plan économique? Le climat engendré par les Fêtes du 175e serait certainement favorable à une réflexion collective concernant l'avenir industriel et sociéconomique de la région. Dans la grisaille, il faut rester optimiste et à l'affût des opportunités.

Chose certaine, les six premiers mois de 2013 seront cruciaux, déterminants. À court terme, la demande pour l'aluminium devrait rester faible. L'entrée en vigueur du nouveau régime forestier et les coups de semonce de groupes écologistes concernant certaines activités de PFR laissent entrevoir des périodes mouvementées pour l'industrie forestière en général, et pour la multinationale en particulier. Plus que jamais, dans l'adversité, Saguenéens et Jeannois devront se serrer les coudes devant les défis importants qui s'annoncent. Les 175 dernières années ont démontré la force, le courage et la résilience dont sont capables de faire preuve les Bleuets.

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