Des écarts grandissants

Partager

Le Quotidien

Un article paru récemment dans un quotidien de Montréal et occulté, ou presque, par tout ce qui s'écrit au sujet de la campagne électorale, nous informe que les Canadiens dont le revenu est plus faible utilisent davantage les services; en santé notamment. Faut-il s'en étonner?

Tiré du même article, selon un récent sondage effectué par l'Association médicale canadienne (AMC), 68 % des gens à revenu supérieur à 60 000 $ par année se disent en excellente ou en bonne santé. À l'opposé, seulement 38 % des moins nantis peuvent en dire autant. Et selon une étude de l'AMC, cet écart est encore plus important qu'en 2009.

Les plus riches étant ceux qui utilisent le moins souvent les services, on comprend mieux pourquoi ces derniers refusent de voir leurs impôts augmenter et prennent tous les moyens mis à leur disposition pour mettre leurs revenus à l'abri de la fiscalité.

Cela leur permet, entre autres, de se payer davantage de luxe comme, des grands crus de Bordeaux des parfums Armani, des sacs Hermès alors que les pauvres, les ouvriers et la classe moyenne peinent à rejoindre les deux bouts en ces temps difficiles.

C'est l'injustice sociale qui est la mère de tous les maux sociaux. Et cela est ainsi depuis que le monde est monde. Du moins, depuis que les humains, au-delà des stricts moyens de subsistance, ont commencé à dégager des surplus.

Plus l'écart entre riches et pauvres s'agrandit, plus les tensions sociales menant aux crises comme celle vécue le printemps dernier seront fréquentes et prononcées.

Le Québec, bastion de la tranquillité sociale dans le monde, a vécu, à la faveur du printemps érable, la pire crise de son existence. Si bien sûr, une crise sociale s'évalue au nombre de citoyens qui prennent la rue pour s'opposer.

En effet, convenons que l'émeute du Forum suite à la suspension de Maurice Richard et la crise d'octobre 70 provoquée par le FLQ ne furent que des «crisettes» comparées à celle du printemps dernier.

Le printemps érable, comme les récentes manifestations des indignés à Wall Street, à Londres, à Madrid tenues par les classes moyenne et inférieure, tirent leur source dans l'injustice sociale grandissante. Mis à part les partis politiques marginalisés par notre régime politique actuel, aucune des formations susceptibles de prendre le pouvoir, le 4 septembre prochain, ne propose une vision, un projet de société en mesure d'y faire face.

Blandine Lapointe-Brassard

Jonquière

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer