Pendant que les Saguenéens et Jeannois vivent l'effervescence de l'été et s'accordent leur répit annuel (pour ceux qui le peuvent), le gouvernement Charest prépare une neuvième élection. En neuf ans, le fédéral et le provincial auront tenu quatre élections respectivement et le municipal aura convié trois fois les électeurs, incluant celles de 2013, prévues à date fixe.
Campagne en été
Le 4 septembre, soutiennent les analystes politiques, pourrait être la date retenue. Les signes avant-coureurs ne manquent pas; les députés et ministres libéraux multiplient les annonces autour des BBQ et des parties hot dogs, comme celle d'hier reconfirmant la construction d'une nouvelle prison. Il faut s'attendre à d'autres annonces dans la région.
Il y a tout autant d'action, sinon davantage, dans la cour du Parti québécois, tant et si bien que les péquistes font le plein de candidats plus rapidement que les libéraux. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le PQ a fait connaître tous ses candidats après l'ajout de Jean-Marie Claveau, dans Dubuc, territoire d'emprunt des libéraux, sous la gouverne du ministre Serge Simard. Maire de Saint-Félix et préfet de la MRC du Fjord, Jean-Marie Claveau complète l'équipe en place composée de Stéphane Bédard, Sylvain Gaudreault, Alexandre Cloutier et Denis Trottier. Du côté libéral, les candidats tardent à se manifester; des noms filtrent de tout même, tels Martine Girard, dans Jonquière, Georges Simard, dans Roberval, et Jeannot Boulianne, dans Lac-Saint-Jean. À Chicoutimi, difficile à dire, bien que quelques personnalités connues aient été sollicitées. Pourtant, c'est là que les libéraux ont failli causer la surprise en 2008, ne cédant que par 1200 votes.
Quant à la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire QS), ils ont tout à gagner dans la région, n'ayant que très peu d'emprise.
La grande question pour la région est de savoir de quelle façon se sentiront interpellés les électeurs. Les libéraux exploiteront le thème de l'économie, mettant de l'avant le Plan Nord. Mme Marois veut aussi parler d'économie, mais en se gardant de la place pour faire le bilan des libéraux. Corruption, Commission Charbonneau, crise étudiante, financement des partis politiques, garderies, Tomassi, etc. Elle aura, en fait, l'embarras du choix, ce qui peut compliquer la tâche de l'ingénierie de son message. À l'ère du clip, de la courte citation, de la photo éclair et de la vie en 15 secondes, son défi est de taille.
Les enjeux
Certes, le conflit à l'Usine Alma rebondira dans l'actualité, côté énergie. Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a promis d'analyser en profondeur le contrat échange entre RTA et Hydro-Québec qui a permis au premier de vendre son électricité au second pendant le lock-out. Fallait-il comprendre dans sa position qu'il rouvrirait l'entente? Autre dossier chaud dans la région, Résolu et le barrage Jim-Gray et, surtout, le retard à faire connaître un plan d'investissement dans la région en échange d'avantages énergétiques et en approvisionnement.
C'est donc dire que l'économie rattrapera les candidats dans la région, mais la campagne d'image risque de prévaloir. La décision de Mme Marois de porter le carré rouge ne passerait pas bien, si l'on se fie au dernier sondage Segma-Recherche, effectué pour le compte du Quotidien au début de juin. Cinquante-deux pour cent désapprouvaient carrément, contre 37 pour cent des répondants qui étaient en faveur. Et comment les électeurs d'ici perçoivent M. Charest, placé sur la défensive au cours des derniers mois? Le choix de l'été pour tenir la campagne va-t-il permettre à l'opposition de faire entendre son message?
Voilà de quoi animer les fins de soirées autour du feu. À moins que ce soit en faisant traîner la ligne à l'eau!