« Il faut avoir des lunettes roses pour croire que l'on va réduire l'influence de l'argent en politique », a-t-il répondu à un interlocuteur qui lui demandait son avis sur le sujet. Le candidat a poursuivi en indiquant que les processus actuels d'enquête devraient trouver les responsables et les punir.
La Chambre de commerce du Saguenay invitait, hier midi, les candidats des trois partis principaux et ceux d'Option nationale et de Québec solidaire à débattre devant une cinquantaine de gens d'affaires de la région.
Le député sortant Stéphane Bédard, ainsi que le candidat libéral Carol Néron, éditorialiste au Quotidien pendant plus de 30 ans, avaient une maîtrise des dossiers locaux à caractère économique supérieure à leurs adversaires moins expérimentés. M. Bédard s'est engagé à maintenir les crédits d'impôt aux entreprises de la Vallée de l'aluminium que le gouvernement libéral prévoit abolir en 2015. Il a rappelé avoir fait partie du gouvernement qui avait créé ces crédits à hauteur de 40 %, en 2002, pour favoriser la transformation de l'aluminium en région. Il prévoir recourir aux centres de recherche et d'enseignement pour favoriser l'utilisation des matériaux à base de bois.
Le candidat caquiste de Dubuc, François Tremblay, n'entend pas s'engager sur la même voie, préférant abolir tous les crédits d'impôt aux entreprises et injecter 2 milliards $ à Investisement Québec. « Il n'y a pas assez de capital de risque au Québec », a-t-il dit. Pour le député sortant, cette centralisation se ferait au détriment de la région, à qui il souhaite un fonds administré par des régionaux plus au fait des réalités régionales.
Carol Néron voit peu d'utilité à ce genre de crédits, en comparaison des emplois du Plan Nord pour la génération actuelle et future sous un gouvernement libéral. Il a comparé la prospérité attendue à celle que connaissent les Albertains avec les sables bitumineux. « Un Plan vert à la place d'un Plan Nord », a relancé le candidat de Québec solidaire, Pierre Dostie, qui prédit 40 000 emplois dans cette nouvelle économie verte.
Au sujet de la hausse des redevances minières proposée par le Parti québécois, elle fera fuir les investisseurs, croient le libéral et le caquiste, tandis que QS et ON l'estiment insuffisante.
Les termes du contrat liant Rio Tinto Alcan à l'État et à Hydro-Québec ont aussi été abordés. Le PQ promet plus de transparence, Québec solidaire et Option nationale la nationalisation.
Le président de la chambre de commerce, Éric Dufour, s'est adressé au représentant de Québec solidaire en se demandant s'il n'y avait pas un problème au Québec avec ceux qui s'enrichissent par leurs succès. « Il y en a qui se cachent pour acheter une Mercedes. Moi, quand j'en vois une, je me dis "Yes! Une de plus" », invitant au passage les plus riches au partage.