Six producteurs de bleuets avouent avoir vendu illégalement

Les producteurs de la région impliqués dans la vente illégale de bleuets aux... (Le Quotidien, Archives)

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

(ROBERVAL) Les producteurs de la région impliqués dans la vente illégale de bleuets aux États-Unis admettent leurs torts. Ils devront respecter des ordonnances émises par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec et se verront imposer des pénalités financières, dont l'ampleur reste à déterminer.

Le dossier entourant cette vente illégale de bleuets sauvages à une entreprise de l'État du Maine, en 2011, vient de connaître un dénouement.

Selon une décision de la Régie qui a été rendue publique, hier matin, les six producteurs concernés confirment avoir vendu 158 310,8 livres de bleuets au coût de 0,84$ la livre, entre le 17 et le 24 août 2011. La somme leur a été versée par l'entremise de Gilbert Desrosiers, l'ancien directeur général du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SBPQ) qui a été congédié en avril dernier, dans la foulée de cette vente illégale.

Les procureurs des parties impliquées se sont entendus pour compléter les informations relatives à l'enquête qui était menée par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Ainsi, la Régie n'entend plus tenir les trois journées d'audience publique qui étaient prévues à cette fin.

Les six producteurs qui ont vendu des bleuets sauvages à une entreprise des États-Unis sont Pierre Boivin, ancien vice-président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec et policier à la Sûreté du Québec dans la MRC Maria-Chapdelaine, André Lalancette, Ange-Émile Matte, Gilles Saint-Pierre, Lévis Saint-Pierre et Luc Sasseville.

Ils ont déclaré qu'ils ont vendu près de 160 000 livres de bleuets sauvages à une société des États-Unis, alors que c'était interdit. «On tenait à ce que la lumière soit faite dans ce dossier et selon les informations obtenues, je me déclare satisfait par le dénouement de ce dossier», mentionne le président du Syndicat, Marc Larouche.

Du côté de l'entreprise Bleuets sauvages du Québec, le président Jean-Eudes Senneville a préféré ne pas émettre de commentaires.

Ordonnance

Dans son jugement, la Régie ordonne à ces producteurs de ne plus mettre en marché des bleuets frais provenant du territoire visé par le Plan conjoint des producteurs de bleuets du Saguenay-Lac-Saint-Jean auprès d'un acheteur qui n'a pas signé la convention de mise en marché avec le SPBQ.

En effet, selon la convention, toute entreprise qui veut acheter des bleuets dans la région doit être signataire de cette convention et déposer une garantie de responsabilité financière de 2 millions de dollars, ce qui n'a pas été fait dans cette affaire.

En entrevue, le président du SPBQ, Marc Larouche, souligne que son syndicat a la ferme intention de faire respecter les règlements prévus à la convention de mise en marché qui le lie avec les acheteurs. «Cet événement négatif a terni notre réputation et, dorénavant, nous allons assurer une plus grande vigilance pour que les règles soient respectées par tout le monde», commente-t-il.

La Régie ordonne aussi aux producteurs de ne plus mettre en marché des bleuets frais provenant du même territoire, sans avoir la preuve que les contenants utilisés à cette fin ont été désinfectés conformément aux exigences de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Pénalités

Les pénalités qui devront être payées par les six producteurs fautifs feront l'objet de discussions de la part des membres du conseil d'administration du SBPQ. «Nous aurons à faire respecter les pénalités qui s'appliquent dans le cas de non-respect des conventions», termine Marc Larouche. Soulignons que selon la convention, les producteurs concernés devraient payer 50 cents de pénalité par livre vendue au Syndicat.

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