C'est sur ces paroles que l'ancien procureur aux poursuites judiciaires et pénales du district d'Alma, Jean-François Morency, a complété son témoignage dans le cadre des représentations sur sentence. En novembre 2011, ce dernier avait reconnu sa culpabilité dans trois chefs de corruption et d'abus de confiance.
Bien qu'il ne prendra la parole qu'en après-midi, l'avocat de la défense, Me Jean-Marc Fradette, a déjà fait savoir au juge Alain Morand qu'il réclamera une sentence à purger dans la collectivité.
Au cours de son témoignage, Jean-François Morency a été incapable de retenir ses sanglots alors qu'il racontait en détail la traversée du désert qu'il a vécue, depuis son arrestation en mai 2008.
L'homme de 46 ans a appuyé notamment sur sa prise de conscience quant aux fautes qui lui sont reprochées. Il s'est décrit tel un homme détruit, qui a choisi d'affronter l'opinion publique plutôt que de quitter la région pendant la durée des procédures.
Il a dit avoir retrouvé un certain confort auprès de sa famille, de ses proches ainsi que de ses camarades de hockey.
Il a admis aussi avoir occupé un poste qui ne lui était pas approprié, référant à son rôle d'officier de la justice.
À travers son épreuve, Jean-François Morency a trouvé un emploi qu'il dit aimer au sein du groupe Secto. Son patron, Raymond Bouchard, est venu confirmer devant la cour que l'ancien membre du Barreau fait partie des plans de développement de l'entreprise. Présentement, il occupe les fonctions de chargé de projets, mais des tâches en ressources humaines seraient sur le point de lui être confiées, selon la peine que lui imposera le juge Morand.
«Une renaissance»
Son père, Jean M. Morency, un avocat qui s'est fait connaître comme juge de la Cour municipale d'Alma, s'est adressé, lui aussi, au tribunal.
Ce dernier a insisté particulièrement sur le cheminement de son fils au cours des quatre dernières années.
«Il a fait des gestes que je ne pouvais approuver, que je ne pouvais sanctionner», a-t-il exprimé.
Comme l'a fait son fils, Jean M. Morency a indiqué que les événements lui ont fait réaliser que Jean-François Morency n'était pas fait pour son poste. «Trop émotif, trop amical», a-t-il mis en relief.
Sa progression au sein du groupe Secto, a-t-il ajouté, a permis à l'accusé de se révéler sous son vrai jour.
«Nous avons assisté, toute la famille, à une certaine évolution dans sa façon de voir les choses. Des valeurs qui avaient été bafouées sont réapparues dans sa façon d'aborder le quotidien. Nous avons vu une sorte de renaissance», a-t-il confié.
Il a qualifié son fils tel un père extraordinaire et un conjoint attentif.
De son côté, la Couronne réclame 36 mois de pénitentier.
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