La nouvelle est apparue sur le site de la compagnie en début de soirée, lundi. Par le biais d'un communiqué, la direction de RTA explique que la nouvelle phase de fermeture est enclenchée.
Selon la responsable des relations publiques Claudine Gagnon, cette décision était inévitable, notamment en raison du nombre restreint de cadres qui occupent actuellement l'aluminerie.
Plus tôt dans la journée, RTA a déposé une requête en injonction afin de retrouver l'accès à ses installations jeannoises.
Aucun chargement n'a pu entrer, ni sortir de l'aluminerie depuis le début du conflit de travail, le 1er janvier. Une situation qui ne pouvait durer dans la mesure où la multinationale a décidé de maintenir un tiers de sa production.
Au moment d'écrire ces lignes, le juge affecté au dossier n'avait toujours pas statué quant à la demande de la compagnie.
Or, aux environs de 21h45, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, Marc Maltais, a pris la parole devant une centaine de membres réunis à l'angle de la rue des Pins et du chemin de la Dam-en-Terre, les invitant à respecter à la lettre la décision imminente du magistrat. L'injonction temporaire sera effective jusqu'au 10 janvier, date à laquelle les deux parties seront entendues à nouveau pour débattre des termes d'une injonction permanente.
Entre autres détails, les représentants syndicaux ont expliqué que la Charte des droits et libertés prévoit qu'on ne peut empêcher un employeur de faire fonctionner ses installations en cas de conflit de travail.
RTA souhaite que le principal point de rassemblement des travailleurs lock-outés, sur la rue des Pins, soit déplacé de 1500 pieds vers l'est. Elle demande également que le nombre de syndiqués n'excède pas cinq personnes.
RTA appuie ses demandes en évoquant à nouveau des gestes de violence et d'intimidation qui se seraient produits au cours des derniers mois. Le syndicat réfute toutefois ces allégations.
Comme l'a fait Marc Maltais, le représentant des Métallos, Dominic Lemieux, a insisté sur l'importance de ne poser aucun geste déplacé, qui aurait pour conséquence d'alimenter les arguments de la compagnie.
«Nous menons un combat pas facile et on ne sait pas combien de temps il va durer, mais on ne peut pas se permettre de perdre l'opinion publique. À la minute où l'injonction rentre, nous devons nous y conformer. La compagnie va peut-être scorer un but ce soir, mais une partie de hockey dure trois périodes et nous aurons la chance, nous aussi, de marquer des buts. Si on se comporte en bon syndicat, ça va jouer en notre faveur. Il n'y a aucune guerre qui s'est gagnée sans des troupes qui écoutent leur chef. C'est ce qu'on va faire», a exprimé Dominic Lemieux.
Briseurs de grève
Le représentant des Métallos a par ailleurs confirmé le dépôt d'une requête au ministère du Travail afin qu'une enquête soit commandée pour s'assurer que RTA n'emploie aucun briseur de grève pendant ce conflit.
Le syndicat soupçonne la compagnie d'enfreindre les lois québécoises en matière de relations de travail.
Pour sa part, la direction de RTA soutient qu'elle n'a fait appel à aucun briseur de grève afin de poursuivre ses opérations. «J'affirme de façon catégorique que nous respectons les lois», a insisté Claudine Gagnon lorsque questionnée sur le sujet.