Alors qu'il complétait un témoignage débuté la veille, dans le cadre de l'enquête sur l'administration de sa localité, Claude Bourgault a qualifié Lamarche de «ville de l'ancien temps» et de «petit village western», mercredi matin.
En ce sens, il a expliqué que des menaces de sévices à l'arme à feu et de vandalisme ont été faites à son endroit par les conseillers dissidents, Robin Morel et Daniel Côté.
«On était rendus à recevoir des menaces de M. Morel et de M. Côté, a-t-il affirmé. M. Morel, à une reprise, m'a dit : «Moi, mes fusils ne servent pas rien qu'à aller à la chasse». M. Côté me disait, à certaines reprises : «Toi, tu es brave de t'en aller en vacances ici et là quand personne ne surveille ta maison. Ça doit être fatiguant quand tu pars.»»
Le maire Bourgault situe ces événements au mois de mai 2010, après qu'il ait demandé la démission de Robin Morel.
«Quand je lui ai annoncé que je voulais sa démission (en mai 2010), il est devenu bleu-violet», a-t-il précisé.
En contre-interrogatoire, l'avocat de Robin Morel, Me Christian Gendron, a cependant obtenu du témoin certaines nuances quant à la nature des présumés propos de son client. Claude Bourgault, en effet, a admis que l'épisode des armes à feu est le fruit d'une déduction logique, Robin Morel étant un chasseur.
Craignant pour sa sécurité et celle des employés municipaux, il a fait appel à la Sûreté du Québec. Aucune plainte officielle, cependant, n'a été déposée contre l'un ou l'autre des deux conseillers.
La pression exercée sur la directrice générale, Fabienne Girard, ainsi que sur le maire avait atteint un niveau extrême, ce qui a provoqué la demande de mise en tutelle de la municipalité, en janvier 2011.
Dans son esprit, cet appel à l'aide, toutefois, ne devait pas donner lieu à une commission d'enquête publique. Il s'agissait en réalité d'un bluff destiné à rétablir l'ordre au sein du conseil de ville.
L'ampleur qu'a prise sa démarche le laisse encore aujourd'hui bouche bée. Dans le meilleur des cas, il souhaitait que le ministre, Laurent Lessard, mandate un médiateur à Lamarche.
Si Claude Bourgault décrit les conseillers Robin Morel et Daniel Côté de façon peu éloquente, il se montre néanmoins plus compréhensif à l'égard de leurs alliés, Robin Lachance et Linda Morel.
«M. Lachance s'exprimait, mais était ensuite capable de comprendre le bon sens. Mme Morel, on ne la voyait quasiment pas, elle. Mais Daniel Côté et Robin Morel, on dirait qu'on parlait dans le vide. C'était comme un écho.»
Le maire de Lamarche estime avoir tout tenté pour rassembler son conseil autour d'une même cause, soit celle de faire progresser la municipalité, l'une des plus dévitalisées au Québec.
Or, il maintient que l'obsession des conseillers Morel et Côté constituait un obstacle insurmontable. Ces derniers, a-t-il insisté, tenaient mordicus à se débarrasser de la directrice, Fabienne Girard.
«Le maire représente 25 % d'une municipalité, alors que la directrice générale en représente 75 %», a-t-il illustré, insistant sur le fait que Lamarche n'avait pas les moyens de se départir d'une employée aussi compétente que Fabienne Girard.
C'est d'ailleurs pour la protéger qu'il a refusé d'abdiquer. Sa volonté, cependant, n'a pas été suffisante pour tenir le fort plus longtemps sans demander une aide particulière du gouvernement du Québec.
«Ça ne pouvait pas continuer de même pendant deux autres années de mandat. Je n'aurais pas réussi. Je serais devenu fou. La directrice serait devenue folle. On serait tous devenus fous, toute la gang», a-t-il martelé.
Il a avoué avoir eu des sautes d'humeur, mais non sans avoir d'abord démontré une patience hors du commun.
«Quand on me parle poliment et qu'on ne veut pas me faire passer pour un niaiseux, je suis capable. Mais, si on veut me provoquer et me pousser à bout, je suis comme tout le monde, je suis un humain, et un moment donné la «fuse» saute. (...) J'ai enduré beaucoup de choses que pas grand monde auraient enduré. Ma copine me dit que je suis masochiste d'être resté là, et je pense qu'elle a raison», a-t-il déclaré.
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