Rencontres avec 200 confirmands adultes

Monseigneur André Rivest aime bien être en contact... (Archives le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Monseigneur André Rivest aime bien être en contact avec des adultes qui font le chemin vers la confirmation.

Archives le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Il y a quelques années, je décidais, avec les membres de notre équipe diocésaine de la mission catéchétique, de vivre une rencontre fraternelle en vue de la confirmation des jeunes adultes. Ici au diocèse, il y en a environ 200 qui souhaitent recevoir le sacrement de la confirmation. Sauf de rares exceptions de jeunes qui sentent un appel personnel à approfondir leur foi de baptisés, l'élément déclencheur de leur démarche est leur désir de devenir parrain ou marraine, ou de se marier religieusement.

Auparavant, j'étais mal à l'aise de voir apparaître, au milieu des groupes d'enfants à confirmer, des jeunes hommes ou des jeunes femmes plus âgés, intégrés à une célébration s'adressant forcément à des enfants, autant pour le langage que pour les rites proposés. Je me disais : quel rendez-vous manqué! Ces jeunes adultes, pour la plupart dans la vingtaine ou la trentaine, font partie de nos «pauvres» absents de nos communautés de foi et qu'on n'arrive pas à rejoindre de manière significative. Étant incapables d'être accompagnés par nos moyens habituels, ils demeurent des baptisés «affamés» sur le plan de la foi. Ils ne reçoivent que peu ou pas de nourriture pour les alimenter et les faire passer à une foi plus mature et plus engagée.

C'est ainsi que sont nées les rencontres fraternelles avec l'évêque. C'est quoi, un évêque ? Ça fait quoi dans l'Église ? C'est qui, le nôtre ? Qu'est-ce qu'il a à faire avec notre confirmation ? À la fin du parcours de préparation animé par des catéchètes, les jeunes adultes vivent une rencontre qui se veut la plus conviviale possible, autour d'un repas tout simple ou d'une collation. L'animation prend des styles variés, mais elle se doit d'être la moins formelle possible. Le tout permettant de «briser la glace», d'éloigner certains préjugés et, surtout, de favoriser un dialogue entre des adultes et leur évêque, à partir de questions ou de préoccupations selon leur âge et leur expérience de vie.

Cette rencontre veut faire en sorte que celui qui présidera la célébration de leur confirmation leur soit plus proche, moins «personnage» énigmatique. J'aime personnellement penser à saint Augustin qui disait à ses diocésains : «Avec vous, je suis un baptisé; pour vous, je suis évêque!» Avec cela en tête, je me présente en leur relatant mon histoire personnelle: famille, éducation, expériences pastorales, mon interpellation et ma réponse vocationnelles, mes activités de loisirs... Et alors, les questions fusent de toute part. La rencontre se clôture par un bref rite d'appel où chacun et chacune sont appelés à apposer leur signature, comme geste symbolique d'engagement à continuer leur préparation, en priant l'Esprit Saint de les accompagner jusqu'à la célébration.

Sans prétention, j'estime pouvoir affirmer que cette rencontre prend clairement une couleur catéchétique et prépare une célébration entre frères et soeurs dans la foi, qui s'estiment un peu mieux et qui permet un moment plus significatif dans leur vie chrétienne. Grâce aux catéchèses du parcours, bonifiées par cette rencontre fraternelle avec l'évêque, la plupart des jeunes adultes en arrivent à dépasser le côté astreignant de devoir vivre une préparation obligatoire, s'ils veulent devenir parrain ou marraine ou se marier à l'église. Selon l'avis de plusieurs, leur foi a grandi. Pour l'évêque, c'est un moment de grâce. La célébration de la confirmation ainsi préparée et réservée à des jeunes adultes, constitue un «rendez-vous qui a du sens pour leur vie de baptisés.

J'ajoute qu'ils ne sont pas les seuls à en goûter les fruits, car j'en profite également. Ces rencontres nourrissent mon espérance personnelle. Beaucoup me surprennent et m'émerveillent par la profession de leur foi. Les changements majeurs parmi lesquels ils ont grandi, tout en cherchant leur identité sur le plan socioreligieux, en ont fait, en quelque sorte, des «pauvres » sur le plan de la foi. Mais, à leur manière, ils me témoignent que l'Esprit Saint était à l'oeuvre dans leur vie bien avant que nous, catéchètes et évêque, y sommes apparus.

Mgr André Rivest

Évêque du diocèse de Chicoutimi

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