Les chiens génétiquement intenses et réactifs

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Même si elle a plus de 14 ans, Picotte a encore besoin de jouer avec ses jouets et ses amis Râto et Grignotte.

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Picotte
Le Quotidien

Pour éviter que certains comportements indésirables se multiplient, il faudrait contrôler la génétique des chiens en laissant cette tâche aux éleveurs et obliger les autres à stériliser leurs chiens. Ainsi, ce n'est pas une race qu'on verrait s'éteindre, mais une génétique, car les vrais éleveurs se soucient du tempérament de leurs chiens.

La reproduction entre spécimens malades mentalement, toutes races confondues, donne place à de plus en plus de comportements indésirables tels que la prédation, la garde de ressources, l'anxiété, etc. Les chiens ayant une génétique problématique ne sont pas associés à une race précise.

Peu importe la race, les chiens réactifs, énergiques et allumés auront tendance à devenir très intenses au niveau des jeux.

Le simple fait de repousser un chien réactif au poitrail peut allumer en lui un jeu menant à la morsure. Et le chien, qui a tendance à prendre un malsain plaisir à secouer ses jouets, risque aussi de le faire avec la laisse et pourquoi pas avec la main au bout de la laisse ! Quand un chien de grande taille a cette envie folle de jouer, sa puissance est impardonnable. On peut se servir de cette énergie pour faire travailler un chien, mais si on ne trouve pas comment canaliser sa fougue, et qu'on laisse l'animal se gérer lui-même, on risque de perdre le contrôle.

Un chien épuisé mentalement et physiquement aura très peu de chance de réagir à son environnement. D'un autre côté, le chien qui n'a pas l'occasion de se défouler sera réactif et réagira tout croche en entendant la sonnette de la porte d'entrée, en voyant des gens qui passent dans la rue, en croisant d'autres animaux, en restant seul, etc.

Victimes de leur popularité

Dans les années 1950, c'est le colley et le berger allemand qui arrivaient en tête au niveau du nombre de morsures. Probablement parce qu'ils étaient très populaires, vu les célèbres chiens de l'époque, Lassie et Rintintin. Imaginez si nous avions banni ces races simplement victimes de leur popularité !

C'est aussi avec cet élan de popularité qu'on endommage une race avec des croisements amenant des tares génétiques au niveau physique et mental. Parce qu'il faut le dire, à part chez les éleveurs soucieux et expérimentés, la génétique est rarement considérée dans la reproduction. Aujourd'hui on veut des races de chiens qui restent au neutre et qui s'intègrent sans broncher dans notre mode de vie surchargé.

Outre la popularité, il y a d'autres détails du passé qu'on ne peut pas nier. Prenons exemple sur les chevaux...

Les chevaux sont encore et toujours des bêtes de travail qui répondent aux différents besoins de l'humain. On ne veut plus sortir du bois avec eux ou traverser la guerre sur leur dos, mais plutôt défier le temps au travers de jeux équestres.

On n'attellera pas un cheval arabe pour tirer une voiture dans un milieu urbain. Pas parce qu'il manque d'endurance, mais parce qu'il a une énergie très réactive. Étant nerveux, une fois allumé, son adrénaline prend du temps à baisser. Dans le jargon du monde des chevaux, depuis toujours, on dit que l'arabe fait partie des races de chevaux à « sang chaud ». Pour tirer une charge, on se tournera vers le percheron, plus calme et posé, qu'on dit à « sang froid ».

Si on cherche la vitesse, on ne verra pas de chevaux belges, car ils sont trop calmes, peu nerveux et pas assez rapides. Le quarter horse, très performant dans les compétitions de gymkhana, est beaucoup plus nerveux qu'avant. C'est donc dire que la génétique continue de se peaufiner selon nos attentes.

Aujourd'hui, on surprotège les chiens en les mettant au chômage dans notre salon. Puisqu'ils ne travaillent plus, certaines races ont pratiquement perdu toutes leurs caractéristiques alors que d'autres ont des aptitudes bien ancrées en elles qui, mal gérées, dégénèrent.

Certaines races ont pourtant été croisées et recroisées pour devenir de véritables machines dans des domaines respectifs, tels que surveiller le bétail, détecter des substances, tirer un traîneau, chasser, sauter des obstacles, courir, etc. Ayant un niveau de concentration très élevé, certains sont capables de focaliser pendant des heures sur un objectif. Ça devient presque une maladie mentale. En manque de travail, ces chiens risquent de vocaliser, détruire et même rediriger leurs frustrations sur les autres animaux, et même sur les humains.

Avant de penser à faire disparaître des races de chiens, il faudrait apprendre à gérer l'environnement et interagir avec nos bêtes, selon leurs forces et leurs faiblesses.

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