Vous êtes peut-être infecté

Je ne clique jamais sur un lien envoyé par courriel ou par Facebook. Même si... (123rf)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Je ne clique jamais sur un lien envoyé par courriel ou par Facebook. Même si c'est ma mère qui l'envoie. Je suis une «fraudiaque».

Bon, parfois, j'accepte. Mais au moindre doute, je questionne la nature du lien. Certains de mes amis trouvent d'ailleurs que j'exagère.

Je parle surtout de ces messages que les gens envoient en invitant le destinataire à cliquer sur un lien. Parfois, la personne publie juste le lien. On ne voit que des chiffres, ce qui semble inoffensif. D'autres fois, il y a un mot qui accompagne le fichier, dont le populaire «clique pour voir ce que les gens pensent de toi». L'expéditeur du fichier, souvent un ami, ne sait pas qu'il l'envoie à ses proches. Il est lui-même une victime, après avoir cliqué une première fois.

Il s'agit d'un des pièges les plus fréquemment utilisés par les fraudeurs. En cliquant sur le lien, la personne ouvre les portes de son ordinateur aux pirates informatiques. C'est ce que m'a expliqué Benoît Dupont, professeur de criminologie à l'Université de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sécurité et technologie et directeur scientifique du Réseau intégré sur la cybersécurité (SERENE-RISC).

«Les fraudeurs sont très imaginatifs. Il y a en effet ces liens qui sont envoyés par des gens que vous connaissez. Et le fraudeur n'a besoin que d'une seule chose, c'est que vous cliquiez sur le lien», me vulgarise l'expert.

OK, mais en cliquant, ça fait quoi? Cela autorise le fraudeur à installer un logiciel sur notre ordinateur qui lui permet ensuite d'avoir accès à nos données. Le pire, c'est que les gens ne le savent pas. «Le logiciel n'est pas détectable. Vous allez vous en rendre compte deux ou trois mois plus tard, par exemple si votre carte de crédit a été fraudée ou si vous recevez une rançon. Si vous voulez récupérer vos documents, le fraudeur demande 500$, sinon il efface vos données», donne en exemple M. Dupont.

Selon les dernières statistiques, de 3% à 10% des Québécois auraient été piégés par des fraudeurs. Des statistiques peu fiables de l'aveu même de l'expert que j'ai interpellé à ce sujet.

«Il faut faire des efforts pour mesurer ce type de crime, ce qui n'a pas encore été fait. Les ressources mises en place pour enquêter sur ces crimes sont insuffisantes. On n'est pourtant pas dans une forme de criminalité qui se développe. Elle est déjà bien ancrée», plaide M. Dupont.

Je suis bien d'accord avec lui. Car même si on répète les mêmes bons vieux trucs pour éviter de se faire piéger, dont demeurer sur des sites réputés, créer des mots de passe différents et mettre à jour les logiciels, la cybercriminalité fait de plus en plus de victimes.

Je fais preuve d'une grande prudence en cette matière, mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas infectée. Une chose est sûre, toutefois: je ne céderais jamais au chantage de pirates. Même si ma réputation est en jeu. Bon, aussi bien l'avouer tout de suite avant que le fraudeur le dévoile au grand jour. J'écoute parfois les vidéoclips de Justin Bieber et de Mario Pelchat.

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