Mme Marchand, nommée à la tête de l'OQLF à l'arrivée des libéraux au gouvernement en 2003, ne s'est pas aventurée sur ce terrain, malgré une question en ce sens d'un participant à sa conférence devant les membres de la Chambre de commerce du Saguenay, hier.
«Actuellement, nous avons de bons outils. Si le législateur choisit d'aller dans une autre voie, nous appliquerons la loi telle que le législateur nous la donnera. Je peux difficilement aller plus loin que cela ce matin».
Plusieurs voix se sont élevées au cours des derniers mois pour dénoncer le glissement de la langue d'accueil et des affaires dans le commerce de détail vers l'anglais, en particulier au centre de Montréal.
Mme Marchand a relevé plusieurs angles à cette perception malgré des études réalisées pour son organisme qui tendent à démontrer que 95 % des personnes qui ont demandé à être servies en français ont pu l'être sans difficulté.
Cette perception pourrait être alimentée par le comportement des francophones eux-mêmes, trop souvent enclins à convertir leur conversation en anglais à la première occasion. Selon un sondage téléphonique réalisé en 2012, 43 % seulement des francophones exigent d'être servies en français quand elles sont accueillies en anglais dans un commerce. Le reste, pour des raisons qui ne sont pas connues, mais qui peuvent s'apparenter à de la gentillesse, selon la présidente, continue de transiger en anglais. «C'est gentil, mais cela envoie un mauvais message».
L'OQLF ne dispose pas de moyens coercitifs depuis sa création en 1977 pour porter plainte ou sévir contre ceux qui ne se conforment pas à la loi. Tout au plus peut-il porter un dossier à l'attention du Directeur des poursuites criminelles et pénales qui verra à agir de manière plus coercitive.
Toutefois, 2200 plaintes de la part de citoyens ont fait l'objet d'un examen par le personnel de l'organisme.
Affichage
La récente campagne d'information menée dans les médias de masse pour inciter les propriétaires d'entreprise à respecter les dispositions sur la langue d'affichage était plus que nécessaire, parce que les dispositions de la Charte le la langue française sont encore méconnues. «Il y aura toujours deux ou trois pour cent des entreprises qui ne veulent pas respecter les lois, que ce soit la Charte de la langue ou l'équité salariale, mais les entreprises en général ont autre chose à faire que de se chicaner avec l'État.»
Elle-même issue du Conseil du patronat, Mme Marchand connaît bien la réalité des employeurs de 50 employés et plus qui sont assujettis aux dispositions de la loi. Il s'agit d'une question d'information, c'est ce à quoi s'emploie le personnel de l'organisme qui emploie 270 personnes pour mener à bien sa mission.
En matière d'affichage, il a eu un relâchement jusque dans les régions francophones à cause de l'expansion des chaînes dont la désignation est en anglais. Dans ce cas, il suffit d'ajouter à la marque de commerce un descriptif du produit.
À titre d'exemple, une affiche indiquant seulement la marque fictive Darling living devrait être modifiée pour annoncer Les ameublements Darling Living.
Un relevé de 2012 indique que 82 % des affiches de Montréal sont conformes à la loi. Des 28 % qui dérogent, il y en a près des deux tiers (60%) à qui il suffirait l'addition d'un générique pour être conforme. Depuis juin, un programme de vérification a été mis sur pied pour répondre à cette lacune dans l'application de la loi.
Slemelin@lequotidien.com