Pascal Boudreault plaide coupable

Me Sarah Tridi, du bureau du Directeur des... ((Photo Mariane Saint-Gelais))

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Me Sarah Tridi, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

(Photo Mariane Saint-Gelais)

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Serge Lemelin
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) La tête régionale de l'une des deux cellules de distribution de la drogue démantelées par l'Opération Pastille en 2011 a plaidé coupable à cinq chefs dont gangstérisme.

Pascal Boudreault, 34 ans, avait monté une équipe à Jonquière pour écouler une vingtaine de livres de marijuana par semaine. Il embauchait des gens pour la comptabilité, la distribution et la collecte d'argent et s'approvisionner directement à Montréal. De 2009 à 2011, les enquêteurs de Pastille ont écouté les conversations téléphoniques du milieu et accumulé suffisamment de preuves pour justifier une opération d'envergure.

Pascal Boudreault se spécialisait dans la marijuana et a mis en contact d'autres distributeurs pour monter un groupe distinct pour les méthamphétamines. Ses conversations téléphoniques ont été captées par les enquêteurs, tout comme celles de plusieurs revendeurs et trafiquants en gros.

En juillet 2010, il met en contact Jonathan «Jo Binne» Tremblay, Éric Bigger et Jean-Daniel Brassard qui veulent se lancer en affaires dans le domaine des «pinottes». Le nouveau groupe se rapporte régulièrement à Pascal Boudreault et fait une transaction de 27 000 comprimés de méthamphétamine.

Aujourd'hui, tout en acceptant de plaider coupable au complot pour trafic de drogue, Boudreault minimise son rôle, même si de nombreuses conversations interceptées rapportent qu'il parle à la première personne et que son implication est importante. Le trafiquant avance qu'il s'agit d'une habitude de langage, rien de plus, que d'utiliser le «je». En réalité, il aurait demandé aux complices ne ne pas le déranger avec leurs affaires.

Boudreault avait connu Éric Bigger par sa belle-famille et accepté qu'il loge chez lui de façon temporaire. Vendeur de marijuana, Boudreault nie s'intéresser aux «pinottes» et affirme n'avoir fait que mettre en contact les deux hommes. «De la pinotte, je n'en vend pas!», a-t-il affirmé lors de l'exposé des faits de la procureure de la Coronne, Me Sarah Tridi.

Selon l'avocate, Boudreault avait pour activité principale l'importation de grandes quantités de marijuana. Il retenait les services de son complice Patrick Ménard pour collecter les sommes dues. Sa conjointe Stéphanie Belzile l'aidait à distribuer la drogue à son équipe de revendeurs. À la mi-juillet 2010, la police a relevé des conversations faisant état d'approvisionnement de 100 livres par mois de marijuana auprès de Mario Tourigny et Ricardo Uribe, à Montréal. Uribe n'a pas encore été arrêté par les enquêteurs, malgré un mandat émis en avril 2011: il est disparu sans laisser de trace.

Tout en admettant avoir planifié ce trafic, Boudreault assure qu'il ne s'est jamais matérialisé. Par contre, il a été arrêté avec 45 livres de marijuana dont une trentaine devaient être livrées à un septuagénaire de Mistassini.

La juge Johanne Roy de la Cour du Québec a semblé éprouver de la difficulté à accorder de la crédibilité à un individu qui tient autant à se dédouaner et à minimiser sa participation à un réseau qu'il a monté de toutes pièces. En réalité, la Coronne dispose de suffisamment de preuves pour le relier au trafic de 200 livres de marijuana, d'une valeur approximative de 360 000$.

Sentence

Dans un premier temps, l'avocat de la défense, Me Olivier Théorêt de l'Aide juridique, a plaidé en faveur de la reconnaissance à taux et demi du temps de détention préventive de Pascal Boudreault. La juge doit apprécier si des conditions difficiles de détention ou des délais injustifiés justifient uen majoration du temps de détention pour le soustraire de la durée totale de la peine imposée. Les représentations sur sentence auront lieu sous peu, les avocats de la Couronne et de la défense n'ayant pas réussi à s'entendre sur une recommandation commune.

Environ deux tiers des accusés de l'opération Pastille ont plaidé coupable à ce jour. Une dizaine d'autres cas sont à l'étude avant qu'on puisse déterminer si un premier procès aura lieu.

Slemelin@lequotidien.com

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