Un grand-père menaçant reçoit l'absolution

Le juge Paul Guimond, de la Cour du... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune.

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Un homme de 78 ans, Jean-Claude Savard, obtient une absolution conditionnelle du tribunal pour avoir menacé des employés de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), qui lui refusent d'avoir des contacts avec ses petits-enfants.

Ce technicien en électrotechnique a plaidé coupable à une accusation de menaces. Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Michael Bourget, de la Couronne, et de Me Jean-Marc Fradette, en défense. L'homme devra maintenant verser un don de 100 $.

L'histoire de ce grand-père comporte des faits particuliers. Elle remonte à l'époque où son fils a perdu le droit de voir ses quatre enfants en raison d'une accusation d'agression sexuelle. 

Sauf que le papa a été acquitté des accusations. Me Fradette a expliqué au tribunal que la DPJ n'a jamais tenu compte de la décision judiciaire et a continué à refuser les droits de visite à l'homme sous prétexte que l'individu représentait un risque.

« Ce père de famille s'est battu pendant quatre ans pour avoir gain de cause. Il a décidé de cesser de se battre et il s'est suicidé. Mon client prétend que le système a poussé son fils à commettre ce geste », note le criminaliste.

Mais l'histoire ne s'est pas terminée là. Le grand-père, un individu de Jonquière, s'est aussi vu interdire le droit de voir ses petits-enfants parce qu'il avait déposé une plainte auparavant. Il a aussi eu gain de cause auprès du Protecteur du citoyen, car ses droits ont été lésés.

« Après avoir essuyé un non pour ce droit de visite, il a lancé la phrase suivante : vas-tu falloir que je me présente avec un gun ? Ce n'était pas approprié. Il n'a pas choisi la bonne façon de faire, mais ses paroles ont dépassé sa pensée. Il regrette ses propos. Il ne l'a jamais pensé et n'a jamais eu affaire avec la justice en 78 ans », a repris Me Fradette.

Un second épisode s'est produit à l'hôpital de Chicoutimi où il s'est mis un canif sous la gorge en menaçant de s'enlever la vie si on l'approchait. Une personne a craint qu'il voulait s'en prendre à elle. 

En raison de la particularité du dossier, les deux avocats ont soumis une absolution conditionnelle au magistrat, car le grand-père ne doit pas avoir de casier judiciaire.

Comme il a oeuvré pour Hydro-Québec et des firmes d'ingénierie et qu'il a voyagé et travaillé en France, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, au Québec, au Canada et aux États-Unis, il était justifié de demander une absolution.

« Je suis conscient de votre désarroi, mais vous ne pouvez régler cette situation à votre manière. Vous avez posé un geste inapproprié et vous devez comprendre que ces gens aient pu avoir peur », de noter le juge Guimond.

« En plus du don de 100 $, vous ne pourrez pas importuner les gens de la DPJ et le policier (à l'hôpital) », conclut le magistrat.




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