Une triste histoire de drogue

Élodie Simard saura le 22 septembre si elle... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Élodie Simard saura le 22 septembre si elle écope d'une peine d'emprisonnement.

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Pascal Girard
Le Quotidien

Élodie Simard, 25 ans, connaîtra sa sentence le 22 septembre prochain, dans une triste histoire où sa conjointe est décédée le 24 décembre 2012 à la suite d'une journée intense de consommation de morphine.

Lors de cette fatidique veille de Noël, Élodie Simard et sa conjointe avaient consommé de la morphine à plusieurs reprises en se l'injectant à l'aide de seringues, dans un appartement situé au 2367 rue Sainte-Agathe à Jonquière. À un certain moment, la conjointe de Mme Simard était trop intoxiquée et elle peinait à s'injecter correctement la drogue dure. Élodie Simard, elle aussi fortement droguée, a alors pris une décision qu'elle regrette encore aujourd'hui en l'assistant. Par la suite, sa conjointe est décédée d'un arrêt cardio-respiratoire.

Ce n'est qu'en février 2015 qu'une accusation a finalement été portée. « Il n'y a pas eu de lien de causalité démontré entre l'assistance de madame et le décès de la victime », a rappelé mercredi au Palais de justice de Chicoutimi le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, à l'étape des plaidoiries de la défense et de la Couronne pour établir la sentence.

Comme la victime éprouvait des problèmes d'asthme, elle avait utilisé sa pompe durant la journée. L'enquête n'a pas permis de prouver hors de tout doute raisonnable que l'arrêt cardio-respiratoire était survenu à la suite de l'injection de la morphine par Élodie Simard. C'est pourquoi elle a simplement été accusée de trafic de stupéfiants. Elle a plaidé coupable le 3 mai dernier.

La couronne

« C'est d'intérêt public qu'on demande justice. C'est pour lancer le message de ne jamais prendre la décision d'injecter une substance à quelqu'un d'autre, surtout quand la personne est intoxiquée et incapable de le faire elle-même », a plaidé Me Jean-Sébastien Lebel, qui représentait la Couronne dans ce dossier. Il a recommandé au juge Simard d'envoyer un message clair. Toutefois, en se basant sur la jurisprudence, il a demandé au plus une peine de 90 jours d'emprisonnement. Mme Simard a essuyé quelques sanglots lorsque les faits ont été relatés par la poursuite.

La défense

De son côté, l'avocat de Mme Simard, Me Julien Boulianne, a proposé une peine suspendue avec probation et 240 heures de travaux communautaires. « C'est une situation immensément triste, car sa conjointe est décédée. Elles s'injectaient plusieurs fois par jour des opiacés. Sa conjointe se mutilait ni plus ni moins et criait. Elle aurait fini par le faire. Elle était en train de se piquer partout », a raconté en substance Me Lebel pour expliquer le contexte du geste de Mme Simard. Il a de plus ajouté qu'elle a suivi un long processus pour se défaire de cette consommation de drogue. L'avocat a mentionné qu'elle s'est rendue d'elle-même à l'hôpital le 26 janvier 2012. Elle a suivi un traitement à la méthadone et serait sobre depuis l'été 2016. « Elle s'est sortie de l'enfer de la drogue », a-t-il poursuivi. Selon lui, elle a contacté depuis les parents de la victime qui n'auraient pas d'animosité envers elle.

Stéphanie Turcotte

Cette histoire n'est pas sans rappeler celle de Stéphanie Turcotte qui a été acquittée, le 4 avril 2012 à Alma, d'homicide involontaire et de négligence criminelle ayant causé la mort après avoir fourni une dose mortelle d'héroïne à une de ses amies. Au final, elle avait été seulement reconnue coupable de trafic de stupéfiants. Dans le cas d'Élodie Simard, elle a seulement administré la drogue sans l'avoir fournie ou vendue à sa conjointe.

Autre dossier

En plus du trafic de stupéfiants, Élodie Simard avait également plaidé coupable en mai à des chefs de voies de fait et de vol commis en 2015. 

« Dans un bar, elle a été amenée dans les toilettes où elle a allégué avoir été victime d'attouchements. Elle a ensuite suivi l'individu avec une de ses amies et elle l'aurait frappé avant de voler son véhicule. Elle a décidé de se faire justice elle-même », a raconté Me Lebel. La voiture a été laissée dans le stationnement d'un commerce, moins d'un kilomètre plus loin. Il a suggéré des peines consécutives dans ce dossier.

Une longue fugue médiatisée en 2006

Élodie Simard avait déjà défrayé la manchette en 2006 dans la région alors qu'elle avait effectué une fugue d'une vingtaine de jours en compagnie d'une amie. Elle était âgée de 14 ans. Elle avait raconté à l'époque à sa mère qu'elle l'avait fait pour « goûter à la liberté. » Elle était ensuite retournée au Centre jeunesse de Chicoutimi.




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