12 mois de prison pour un papy producteur

Yvon Laprise a discuté une dernière fois avec... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Yvon Laprise a discuté une dernière fois avec son avocat, Me Louis Belliard, avant de prendre le chemin de la prison pour 12 mois.

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Un «papy» de 75 ans de Lac-Kénogami, Yvon Laprise, a voulu arrondir ses fins de mois. Il a pris la décision de prendre plus de 350 plants de marijuana dans son sous-sol, même s'il se doutait bien que ce n'était pas la meilleure solution.

Le septuagénaire a pris le chemin de la prison pour une période de 12 mois, la peine minimale pour une accusation de production de stupéfiants de plus de 300 plants. Il a aussi reconnu sa culpabilité au mauvais entreposage d'une arme à feu.

En juin 2016, les policiers de la Sécurité publique de Saguenay et de la Sûreté du Québec sont débarqués dans deux résidences de la rue des Fondateurs, à Lac-Kénogami. Ils ont alors découvert plus de 630 plants de marijuana et 14 kilogrammes de cannabis, le tout d'une valeur estimée à 965 660 $. 

Ils ont arrêté Laprise, qui possédait 358 plants et 9,5 kg de cannabis, alors qu'ils ont découvert 275 jeunes plants et 4,8 kg de cannabis chez son voisin, Michel Roy (18 mois de détention).

L'histoire a commencé lorsque Roy, qui louait une maison appartenant à Laprise, a demandé à son voisin de pouvoir utiliser son sous-sol pour y placer des plants de marijuana. Cela aurait permis au retraité de l'éducation d'ajouter un peu d'argent à ses revenus mensuels.

« C'est le voisin qui produisait. Il a offert à M. Laprise de mettre en commun l'électrification pour la production. Il a accepté », de noter Me Michael Bourget, procureur de la Couronne.

Les policiers suivaient les faits et gestes de Michel Roy depuis un certain temps. 

Ils avaient remarqué quelque chose d'irrégulier à sa résidence, mais il semblait leur manquer de preuve. 

Lorsque la production s'est étendue à la deuxième maison, celle de M. Laprise, les enquêteurs ont pu récolter davantage de preuve et alors ont pu frapper un grand coup. « Mon client a accepté de prendre des plants chez lui, même s'il savait que c'était illégal. Il était là pour les arroser et en prendre soin. Mais il a accepté ce qui se passe, reconnaît les faits et plaide coupable », a ajouté Me Louis Belliard, procureur en défense.

La prison !

Dès le moment où le juge Jean Hudon a entériné la suggestion commune des procureurs, l'homme a pris le chemin des cellules sans pouvoir dire un au revoir à son fils, Guy, qui l'accompagnait.

Celui-ci a demandé à parler avec le représentant du Quotidien quelques minutes après afin de dire un mot au sujet de son paternel.

« Je me demande ce que ça donne d'envoyer un homme de son âge en prison. Je sais bien que c'est ce qui est écrit sur papier, mais je m'interroge. Il n'a pas tué personne et n'a pas touché la bizoune d'un enfant. Il a fait une erreur et il la reconnaît », indique Guy Laprise.

« Au lieu de le voir dépenser son chèque de pension chaque mois, il va coûter de l'argent à la société en étant en prison. Depuis les événements de juin 2016, mon père s'est installé chez moi. Il n'a rien fait de répréhensible. Il ne boit pas, ne fume pas et ne sort pratiquement pas. Il aurait pu purger sa peine en société et il aurait coûté moins cher », note le fils de l'accusé.

Celui-ci sait très bien que sa sortie ne changera rien, mais il tenait tout de même à livrer le fond de sa pensée.




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